lundi 8 août 2016

Avis aux italomanes : les Archives de la Planète désormais en ligne!


Au début du XXe siècle, le banquier et philanthrope Albert Kahn, ami de Bergson et d’Anatole France, parcourt le monde en étant animé par un idéal de paix universelle. En compagnie de son chauffeur, il réalise plus de 4000 clichés et images cinématographiques qui témoignent de la richesse de ses voyages, lequels ne se limitent pas à l’Europe, mais embrassent la totalité du monde : la Chine et le Japon, ainsi que le continent américain, Brésil, Uruguay et Argentine. Très engagé dans le dialogue international, Albert Kahn a la conviction que la connaissance des cultures étrangères favorise le respect, l’amitié et les relations pacifiques entre les peuples. Et conscient que les sociétés évoluent parfois plus vite que les individus, il voudrait conserver une trace des modes de vie traditionnels avant que ceux-ci ne disparaissent à tout jamais. Lorsqu’il revient « du Japon, de l’Espagne et de Tyr, des bords de la Tamise et du Guadalquivir » comme aurait pu dire Mme de La Haltière dans Cendrillon, il crée en 1909 les Archives de la Planète et recrute à cette fin une douzaine d’opérateurs photographiques qui ont pour mission d’aller parcourir une cinquantaine de pays. L’objectif est alors de constituer une importante collection d’images afin de saisir et capter les différentes réalités humaines et culturelles, qu’il s’agisse de l’habitat, des arts, des fêtes, du commerce, de l’architecture et des monuments publics, des transports, des sciences et techniques, etc., propres à chacune des aires géographiques explorées. Pari réussi : les Archives de la Planète forment aujourd’hui la plus grande collection d’autochromes au monde : 70000 photographies en couleurs sur plaques de verre, dont 23000 viennent d’être numérisées et sont en ligne depuis cet été. À terme, ce sera la totalité des 70000 autochromes qui sera accessible. Un véritable inventaire audiovisuel du monde qui, à l’époque, avait conduit le géographe Jean Brunhes, un des promoteurs en France de la géographie humaine, a puiser dans ce matériel photographique pour appuyer ses recherches et documenter ses cours au Collège de France.
Le site internet du musée Albert Kahn met à la disposition des internautes un outil de recherche remarquable qui permet d’accéder à tous ces clichés : à partir d’une carte du monde interactive, on peut interroger cette banque d’images soit en fonction des lieux (continents, pays, villes), soit en fonction des thèmes de recherche (panoramas de villes, portraits de groupes, paysages, costumes, etc.), soit en fonction des opérateurs photographiques (Fernand Cuville, Auguste Léon, pour lItalie, Frédéric Gadmer pour lIran, etc…) Si vous vous demandez, comme moi, à quoi correspondaient Naples, Rome, Sienne, Venise et quantité d’autres villes, connues et moins connues ; à quoi ressemblaient leurs habitants, les routes qu’ils parcouraient, les ports qu’ils fréquentaient, au début du siècle dernier, alors vous risquez vite de devenir accroc aux Archives de la Planète qui nous offrent, en ces temps moroses et si tragiquement éloignés de l’idéal de paix universelle de leur fondateur, une formidable occasion de voyager à peu de frais. Divertitevi !

[Quizz de l'été : À votre avis combien y a-t-il de photos de Naples, Rome, Sienne, Vérone et Venise?]

6 commentaires:

  1. Je ne connais ni Naples, ni Rome, ni Sienne, ni Vérone mais mon rêve est de pouvoir retourner un jour à Venise où j'ai passé quinze jours.
    Alors, je dirais que peut-être la 3, la 16 c'est sûr, il y a une gondole derrière sont vénitiennes.
    La 9 peut-être, la 12 c'est certain sont romaines.
    La 11, ça ne serait pas Pompéi ?
    La 2 doit être napolitaine.
    Les enfants peuvent avoir posé partout.
    Les autres, je ne sais pas.
    On gagne quoi ?

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    1. Il va falloir changer ça, Dominique! Venise n'est pas toute l'Italie, ça n'en est qu'un reflet...
      La 3 est presque vénitienne, à 100 kilomètres près... Il s'agit de Vérone, comme la 1, comme la 19, la 20 et la 21. La 18 est encore plus quasi-vénitienne, car il s'agit de Vicence, qui n'est qu'à 70 km de de Venise.
      Je laisse à Nelly, quand elle sera de retour ce soir à Naples après 15 jours de vadrouille, le soin d'identifier les 3 photos napolitaines, elle n'aura pas de mal avec la première, en effet (la 2e dans la série!) qui nous plonge au coeur de la baie de Naples et du Vésuve...
      Ce qu'on gagne ? : le droit d'écouter Norma en boucle... C'est bien non?

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    2. Carissimo, il m'a fallu un peu plus de temps que prévu pour ouvrir et lire ce billet. J'ai déroulé les images que tu as retenues, cherchant Naples. La baie, fastoche ! La Piazza Dante (photo 4), fastoche aussi pour qui a mis les pieds à Naples. Et puis... et là j'hésite un peu mais le dernier cliché ressemble au dos du palazzo Capuano. Tu me diras.
      L'essentiel est cette incroyable banque de l'image que tu me fais découvrir. Grazie tesoro !
      Nelly

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    3. Bravo Nelly! Ton oeil est infaillible! La dernière photo est bien napolitaine! un bacio!

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  2. Je ne saurais identifier les lieux, mais voilà une info très intéressante. Merci beaucoup.

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  3. Norma ! Bon sang mais c'est bien sûr !! Les enfants de ce qui doit être la 19ème photo sont la marmaille cachée qu'elle a fabriquée avec Flavius !!! Cette histoire de bûcher à la fin de l'opéra n'est que de l'enfumage, en réalité elle s'échappe prestement pour aller retrouver son cher centurion et s'activer pour rééquilibrer les choses : 1 seule fille pour trois garçons, non, ça pèche vraiment...
    Cecilia va bien vite dénicher le véritable manuscrit de "Norma" qui reléguera cette sombre histoire de morale bourgeoise du 19ème aux oubliettes... On s’apercevra alors que Bellini était la réincarnation de Porpora en découvrant les arias les plus belles jamais écrites. Une œuvre baroque se terminant bien, Pollione contrit se pacsera avec Clotilda, tandis qu'Adalgisa épousera Oroveso tout heureux de ce bain de jeunesse. C'est bien évidemment Franco Fagioli qui chantera Flavius...

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