lundi 24 mars 2014

Album siciliano I

1. L’Etna vu du Giardino Bellini à Catane (A). 2. Catane, Via Giuseppe Garibaldi. 3. Militello, Piazza Sant’Agata. 4. Militello, Piazza Santa Maria della Stella. 5. Quelque part entre Buschemi et Giarratana. 6. Scicli. Chiesa della Consolazione. 7. Scicli, chiesa Santa Maria la Nova (E). 8. Oranges de Sicile. 1 euro les 3 kilos, qui dit mieux? 9. Buschemi, la nuit tombante. Vue sur les toits et la chiesa San Antonio di Padova. 10. Raguse Ibla vue depuis la chiesa Santa Maria delle Scale. 11. Buccheri, le marchand d’oranges et d’artichauts. 12. Duomo di Raguse Ibla (intérieur). 13. Modica, Corso Umberto. 14. Modica Iris en fleurs le long de la via Savonia. 15. Modica. 16. Citronniers siciliens. 17. Le duomo San Giorgio de Modica et son escalier monumental. 18. Raguse Ibla. 19. Les petites ruelles de Scicli (E). 20. Modica, Duomo San Giorgio, détail des anges d’une chapelle.

dimanche 23 mars 2014

Derniers jours à Catane



1. Via Etnea. 2. Quelque part entre la Via Plebiscito et la via Santa Maria dell’Aiuto. 3. Duomo di Sant’Agata. 4. Giardino Bellini. 5. Piazza Università. 6. Via Consolato della Seta. 7. Giardino Bellini. 8. Les arancine catanesi de Savia. 9. Via Vittorio Emanuele. 10. Duomo di Sant’Agata, la façade. 11. L’Etna depuis le Giardino Bellini. 12. Porta Garibaldi. 13. Duomo di Sant’Agata. 14. Babà farciti de la pasticceria Spinella.

vendredi 21 mars 2014

La Sicile comme je l’aime : Militello in Val di Catania

Dans la province de Catane, au milieu de coteaux merveilleusement accidentés, mais couverts d’oliviers, de lauriers roses et de figuiers de Barbarie, se cache la charmante ville de Militello. À son point le plus élevé, on titube : on se retrouve face au fabuleux et gigantesque Etna, encerclé par le bleu de la mer et du ciel qui se confondent à l’horizon et dont on ne saurait trop dire lequel des deux imite l’autre. Pas un bruit ne perturbe cette scène, si ce n’est celui de quelques grives musiciennes au-dessus de nos têtes. Puis, après ce spectacle total, on se résigne à descendre dans les entrailles de la ville. Mais entre midi et quatre heures, Militello a l’air d’une ville morte : pas un habitant ne circule dans ses rues, pas une tête ne paraît à ses fenêtres… Qu’on est loin alors des bassi napolitains où, à toute heure de la journée, les mamme toisent les voyageurs avec des yeux noirs et inquisiteurs ! Pourtant Militello a plus d’un trait commun avec Naples : l’habitat, écaillé et délabré, fait indéniablement penser à celui des quartieri spagnoli, sans parler des trottoirs qui sont éventrés, des bancs qui sont tout tagués et des gravats qui s’entassent sur la chaussée. Mais s’ajoute à Militello une particularité remarquable qu’Alexandre Dumas, dans Le Speronare, avait bien repérée lors de son voyage à Messine : les maisons sont inachevées et leur dernier étage semble avoir été enlevé par « un coup de sabre ».

Dans ce désert urbain, quelques bars demeurent cependant ouverts, mais quand on se hasarde à entrer dans l’un deux (chez Vicenzo Costantino, via Ducca degli Abruzzi), le serveur prend un air tellement hébété qu’on comprend instantanément qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de touristes qui poussent leur curiosité jusqu’ici. On en a d’ailleurs la confirmation quelques minutes plus tard, quand il s’agit de régler le café. Le serveur, pas très loquace, lâche alors un merveilleux : Sessenta. Qui, de lui ou de moi, était finalement le plus hébété ce jour-là ? Je ne saurais le dire…

Au milieu de ces ruines, Militello est une ville qui regorge de monuments de toute beauté : les églises baroques, reconstruites au lendemain du tremblement de terre de 1693, se comptent par dizaines. Malheureusement, rares sont celles qui sont ouvertes… On fait alors le pari qu’elles sont plus belles à l’extérieur qu’à l’intérieur, pour ne pas repartir trop amer ! Et l’on note aussi toutes ces belles fontaines publiques qui rythment si joliment la promenade, tous ces vieux palais qui se signalent à leurs balcons joufflus, à leurs jardins extravagants, d’où dépassent des palmiers de haute futaie et des bougainvilliers multiséculaires. En fin daprès-midi, la Piazza Vittorio Emanuele, le cœur névralgique de Militello, redevient un peu plus animée, les bancs se remplissent de vieillards, mais leur conversation est couverte par les braillements de quelques gamins, livrés à eux-mêmes, qui se chamaillent comme des chiffonniers. On attend vainement qu’une matrone vienne mettre fin à ce tapage. Il n’en est rien ! Là encore, on aurait envie de citer Dumas, qui, avec son flegme inimitable, avait bien saisi tout ce qui fait le sel de la vie napolitaine et compris qu’il n’y avait rien d’autre à faire, en pareille circonstance, qu’à observer placidement les choses, sans chercher à comprendre ce qui se passe : « ce sont trois ou quatre enfants qui appartiennent on ne sait à qui, qui vont on ne sait où, qui vivent on ne sait de quoi, qui sont là on ne sait comment, et qui y restent on ne sait pourquoi. »