lundi 21 octobre 2013

Album pugliese

1. Bari. Via Giulio Petroni. 2. Spiaggia di Lamaforca. 3. Ostuni, Vico Pasquale Villari. 4. Martina Franca, via Mercadante. 5. Gallipoli, le port. 6. Gallipoli, via Palmieri. 7-8. Gallipoli, via Tafuri. 9. Nardò, via Papalisi. 10. Nardò, Piazza Antonio Salandra. 11. Pasticiotto leccese (prélevé chez Natale). 12. Martina Franca, chiesa della Madonna del Carmine. 13. Martina Franca, Piazza del duomo. 14. Lecce, chiesa di santa Teresa. 15. Santa Maria di Leuca. 16. Monopoli, le lungomare. 17. Bari. Piazza Federico II di Svevia. 18. Torre dellOrso.

vendredi 11 octobre 2013

5 fruits et 5 légumes par jour, pendant 10 jours

Je n’attends plus que ça... Sauter dans le prochain avion pour Bari et reprendre, à partir de demain, mon « régime italien ». L’Italie me réussit en effet tellement bien que, quoi que je mange là-bas, je ne grossis jamais d’un gramme. Je sais bien qu’en disant ça, je vais faire grincer des dents et m’attirer les quolibets de certains lecteurs, qui n’auront qu’une seule envie, me foutre une paire de baffes pour que je ferme mon caquet. Pourtant, je n’ai aucun mérite particulier : comme mes journées s’épuisent à marcher, tout ce que j’absorbe est instantanément brûlé. C’est comme ça! Et ce qui est vrai à Venise, à Turin, à Parme, dans toutes les villes plates, l’est encore plus à Naples, cité à la géographie accidentée, où l’on ne cesse jamais de monter et descendre – encore qu’il soit possible, pour ceux que cela effraierait, de flâner sans effort sur le lungomare et de rester transi devant le Vésuve… 

Lors de mon dernier voyage à Naples, j’ai eu une révélation, non face au Vésuve, mais devant les vitrines des pâtisseries. J’ai découvert là-bas les fameux babas, qui m’ont ouvert des horizons tant joyeux que festifs : babas nature, simplement imbibés de limoncello, babas nocciole, remplis de crème au praliné, babas aux fraises des bois et à la chantilly… on n’en finirait pas d’énumérer les multiples combinaisons de cette riche grammaire pâtissière. À toute heure de la journée, je trouvais toujours une bonne raison de me laisser tenter par un de ces gâteaux, d’autant que le baba à Naples, c’est un peu comme le pastrami à New York ou le crocodile à Canton : on serait vraiment fou de passer à côté.

Mais il suffit d’entrer dans n’importe quelle pasticceria pour remarquer que le baba n’est pas le seul maître à bord, que d’autres douceurs lui disputent notre attention, à commencer par ces gâteaux évasés, renflés et recroquevillés comme des queues de langouste, que les Napolitains appellent de façon très motivée code di aragosta. Goûtez-les, la prochaine fois que vous irez à Naples, vous verrez qu’elles seront loin de vous laisser indifférent. 

Cependant, ce que j’ai aimé par-dessus-tout, ce sont les fameuses sfogliatelle, ces gâteaux aux volutes charnelles et sinueuses, qui font penser aux escaliers extravagants qui bordent les innombrables palais baroques de la ville. Ces pâtisseries, fourrées à la ricotta délicatement parfumée à la vanille et à la cannelle et généreusement saupoudrées de sucre glace, sont vraiment typiques de la Campanie. Elles revêtent deux formes : riccie, quand elles sont préparées avec une pâte feuilletée ; frolle, quand c’est avec une pâte brisée (ma préférence allant aux riccie, pour la délicieuse sensation de craquant, encore que dans certaines frolle se glissent parfois des petits fruits confits qu’on ne rencontre pas toujours dans les premières, sauf chez Scaturchio, le célèbre pâtissier de la Piazza San Domenico Maggiore, où elles sont divines). Mais quel que soit leur aspect, les sfogliatelle se dégustent toujours chaudes, à peine sorties du four, et non réchauffées au micro-ondes (attention à ne pas vous en laisser refourguer par de méchants vendeurs). 


C’était au pied de la Galleria Umberto I, chez La Sfogliatella Mary, que j’allais chaque matin accomplir ma procession. J’aimais bien cette petite boutique qui ne payait vraiment pas de mine, mais qui, à toute heure de la journée, était toujours prise d’assaut, autant par les touristes que par les gens du cru. On reconnaît d’ailleurs les bonnes pâtisseries napolitaines à l’espèce d’agitation qui règne autour d’elles : les gens se bousculent tellement que ces fameuses sfogliatelle n’ont même pas le temps de refroidir. Certes, il m’est arrivé de déguster à d’innombrables reprises d’excellentes pâtisseries en Italie (ah! Ravenne, ah! Bergame, ah! Vérone), mais je n’ai pas souvenir d’avoir mangé ailleurs qu’à Naples des gâteaux aussi frais, aussi énormes et aussi peu chers : c’est l’association de ces trois aspects qui rend la pâtisserie napolitaine vraiment intéressante. À Bergame, les mignon de Balser étaient absolument délicieux, mais hors de prix ; à Ravenne, les dolci étaient frais, mais minuscules, tandis qu’à Naples, il est rare qu’il vous en coûte plus d’un euro pour un baba ou une sfogliatella, de sorte que c’est une tentation douloureuse à laquelle on est sans cesse exposé, sans possibilité de pouvoir résister ! Je pense d’ailleurs que si Descartes avait mis les pieds à Naples, ses Méditations métaphysiques auraient été écrites autrement : le « malin génie » aurait pris la forme, non pas d’un doute hyperbolique, mettant à rude épreuve son jugement, mais d’un baba le faisant atrocement saliver (ce qui ne l’aurait certes pas empêché d’aboutir à la même conclusion, à savoir la certitude de son existence).

Depuis mon retour de Naples, on ne cesse de me dire que je n’ai encore rien vu, et que, plus au Sud de l’Italie, les pâtisseries sont encore moins chères, mais tout aussi délicieuses. Verdict, donc, dans quelques jours : je serai à Lecce dès demain et je compte bien mettre à profit ces quelque dix jours pour sillonner de long en large les innombrables pasticcerie pugliesi que je croiserai sur ma route. En espérant que cette dernière ne sera pas accidentée, mais plate comme... une crêpe!

mercredi 9 octobre 2013

Des fenêtres (italiennes) ouvertes en cascade

1, 5. Trévise, Via Roggia. 2. Vérone, via Roma. 3. Naples, Piazza San Domenico. 4. Vérone, Piazza del Duomo. 6. Trévise, Piazza dei Signori. 7. Bergame, Piazza Vecchia. 8. Naples, Quartier espagnol. 9. Lucques, Piazza San Michele. 10. Naples, Chiaia.