1. Musée Jacquemart-André. Guardi, Portique de fantaisie. 2. D’un intérieur l’autre. 3. Tour des Temps. 4. D’un toit l’autre. 5. Amadis de Gaule au Comique. 6. Chocolats de Jacques Genin. 7. Le retour du fils prodigue. 8. Léo et Cricri.
1. Pour une fois, je n’ai pas eu besoin de réfléchir très longtemps pour savoir si j’irai au Musée Jacquemart-André découvrir l’expo Fra Angelico, puisque Michelaise, qui avait deux places de trop, a eu la gentillesse de m’offrir les siennes. Il est vrai qu’en temps ordinaire, on s’y prend à deux fois avant d’aller dans ce musée. D’abord, parce que les espaces dévolus aux expositions temporaires sont ridiculement petits, ce qui fait qu’on se marche en permanence sur les pieds et qu’on s’expose bien souvent au mépris d’un vison outragé. Ensuite, parce que l’institution profite de ces événements pour recycler ses collections permanentes qui sont vraiment loin d’être exceptionnelles. Le visiteur n’échappera pas donc pas à ces deux travers : la fréquentation est infernale, mais à la limite on comprend l’élan et l’empressement du public puisque c’est la première fois qu’a lieu en France une rétrospective sur Fra Angelico. En revanche, on s’étonne de retrouver à nouveau certains tableaux du musée qui ont été décrochés des salles voisines pour être intégrés au parcours de l’exposition : le Saint Georges terrassant le dragon de Carpaccio, La Naissance de la Vierge du Scheggia, etc. Intitulée Fra Angelico et les maîtres de la lumière, l’exposition fait surtout la part belle aux «maîtres», en présentant un florilège d’œuvres issues du grand atelier de Florence, mais un peu moins à Fra Angelico, dont les tableaux sélectionnés ne rendent pas tout à fait justice au grand talent du peintre. On aurait pu espérer découvrir les plus beaux fleurons de l’artiste, l’Annonciation du musée diocésain de Cortone, l’Annonciation du Prado ou encore la Crucifixion du Metropolitan, mais ces chefs-d’œuvre-là n’ont pas fait le voyage jusqu’à Paris. Je ne sous-estime pas la difficulté d’obtenir un prêt : il est possible après tout que les demandes les plus ambitieuses n’aient pas pu aboutir (surtout après la rétrospective romaine en 2009) et que les commissaires d’exposition aient dû se rabattre sur des œuvres de plus petit calibre, comme cette si peu intéressante Thébaïde de Budapest ou Vocation de saint Nicolas du musée du Vatican. En fait, en dehors du Couronnement de la Vierge des Offices, qui écrase tous les autres tableaux, et d’une Vierge à l’enfant de Lorenzo Monaco, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent, pendant les deux heures qu’on s’octroie pour visiter l’exposition. On profite alors des lieux pour jeter un ultime coup d’œil sur la fresque de Tiepolo et les quelques Canaletto et Guardi qui seront l’objet de la prochaine exposition en juin prochain. 2-4. En attendant, de l’autre côté de la Seine, c’est Casanova qui est à l’honneur. Les amoureux de Venise trouveront très certainement de quoi combler leur appétit, mais non les amoureux de musique vénitienne, car c’est un concerto pour clavecin de Galuppi, atrocement interprété par l’English Chamber Orchestra, qui accueille le visiteur. 5. Les baroqueux ne manqueront en revanche pas le rendez-vous de l’Opéra-Comique qui inaugure sa saison 2012 avec Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach, une tragédie lyrique composée sur un livret de Quinault, et créée pour la première à l’Académie royale de Musique en 1779. Si la découverte d’un nouvel opéra constitue toujours une aventure passionnante, il est difficile ici de ne pas exprimer quelques réserves sur la distribution, qui, dans l’ensemble, ne convainc guère. La musique est pourtant magnifique, surtout dans les scènes vengeresses, mais le rôle-titre, Philippe Do, peine lamentablement dans ses vocalises et émet des sons qui ressemblent aux gloussements d’un pintadeau. Toute l’attention se reporte alors sur la mise en scène séduisante de Marcel Bozonnet, et sur l’orchestre de Jérémie Rhorer, Le Cercle de l’Harmonie, qui possède de superbes couleurs. 6. N’en déduisez pas pour autant que l’année a mal commencé. Les superbes chocolats de Jacques Genin en offrent un témoignage à la fois éclatant et palpitant. C’est la maison qui me les a gentiment offerts, pour me remercier de ma constante fidélité tout au long de l’année, mais aussi de la vôtre, aimables lecteurs, qui restez fidèles à mes prescriptions en daignant vous rendre au dernier numéro de la rue de Turenne. Une édition limitée, composée de 72 chocolats, et du meilleur cru : à la fève tonka, à la menthe amante, au miel, au praliné à l’ancienne et au basilic (rebaptisé pour l’occasion basilic instinct). 7-8. Il suffit d’ailleurs que je claironne la nouvelle et brandisse mon trophée sur Facebook pour que mes petits camarades m’implorent d’en glisser dans mon sac et consentent à se déplacer jusqu’à l’Opéra pour en goûter quelques spécimens. Merci Jacques Genin.
16 commentaires:
Mon déplacement jusqu'à l'Opéra en valait la peine, merci!
Grazie per darmi l onore di figurare su questo bellissimo BLOG...
pas mal la photo della tour...
c'était du 16ème étage?
-"Oh! ma Chèèrie! tu ne trouves pas que ce rose cochon est extrêmement moderne dans l'application qu'en fait Fra Angelico? "
-"Certes Charline! mais as tu remarqué comme mon chapeau rouge est assorti à la robe de l'ange...oh! ce serait une belle confection pour notre soirée chez Hubert de la ...."
-"Vous remarquerez ici l'emploi de la tempera, avec une infinie propension à la recherche du Vrai..."
-"Flute, j'ai cassé mon talon...quelle idée de la suivre, j'aurais été mieux au Printemps pour parfaire mes courses de Noël, il me manque le parfum pour Charles, la montre pour Jules et... une autre paire de chaussures. Tout compte fait j'ai bien fait de venir, les petites vernies iront bien avec ma robe de soie noire pour la soirée chez la Comtesse."
-"As tu remarqué ce rose bonbon? ex-cep-tion-nel pour l'époke!"
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Que me reste-t-il après ces regards appuyés qui me font comprendre qu'ICI il ne faut pas doubler sans clignotant?
Prier pour qu'il y ait une place dans le salon de thé, un café me remettra les Idées en place et le catalogue m'occupera.
Mais ce Saint tout de rouge vermillon vêtu, comme il m'a ému...je n'ai pas gardé la référence,aucune source dans le livret, mais le souvenir d'un instant de grâce suffira.
Bonne dégustation!
GF il ne faut pas décourager mon enthousiasme ! nous avons les billets pour dimanche espérons que ce ne sera pas la foule et puis à en croire Martine elles seront toutes aux soldes du printemps!
Avez vous eu mon message pour mardi en fin d'après midi ?
Pour pas changer : 8, 7, 6 !!
J'ai hâte de revoir l'Opéra et de d'enfin déguster les oeuvres de Maître Genin.
Ma préférée c'est bien évidemment la photo N°6 même si je n'en profiterais pas puisque tu me détestes et refuses de me voir ! :)
Et ta critique de l'expo Fra Angelico au Musée Jacquemart-André est conforme à l'idée que je m'en faisais et c'est bien pour ça qu'une fois de plus je n'y mettrais pas les pieds ! :)
L’est mauvais joueur ce Thouane et en plus y s’fait des idées des choses sans ‘aller y voir’ comme on dit dans les traboules de la Croix-Rousse. C’est triste de se priver de Fra Angelico simplement pour une histoire d’aprioris. Y nous fait une crise pa’s qu’y préfère les chocolats au parmesan. Ça doit être ça… Grand gamin va ! Je ne parle pas de chocolats… avec du parmesan dedans mais d’un choix éventuel entre ce qui se trouve à la photo six et la proposition de (re)visite de Parme que vous lui faisiez dans votre article précédent. La prochaine fois que vous le croisez flanquez-lui donc une bonne fessée. Les enfants, quand ils sont devenus grands ne sont plus des enfants. Même le Freud, que vous n’aimez pas, définissait l’enfant de « pervers polymorphe ». Ça lui irait presque bien. Et puis ne l’emmenez-donc pas à Parme. Je suis sûr, cher G.F. que quelques lecteurs de votre blog seraient partants pour que vous leur serviez de guide dans une équipée que vous ne rendriez sans doute pas trop sauvage. Et pis, comme ça, le Thouane, y resterait dans sa canfouine à maronner et nous aurions le plaisir de vous entendre nous parler de belles choses… puisque… nous… nous les regarderions.
Beau début d’année.
Michel de Lyon
Ah Robert, voilà une bonne nouvelle, si elles sont toutes aux soldes de printemps... car ce que raconte Martine nous est arrivé aussi et ma Koka, qui ne craint ni Dieu ni diable, a vertement repris des malotrus qui transformaient notre visite en foire du trône. J'avoue que je n'aurais pas osé mais ces dames se sont tues, après avoir hautement protesté de leur liberté et du peu de cas qu'elles faisaient de nous.
GF c'est comme la plupart des expos à l'heure actuelle : on "crée" l'événement et c'est une opération financière qui, pour être rentable, ne doit pas couter trop cher, donc on utilise au maximum les moyens du bord : mais j'avoue n'être pas gênée par la "légéreté" de certaines expos, quand le sujet est passionnant, et surtout quand on peut y voire fut-ce un chef d'oeuvre, après tou c'est déjà beaucoup !! Ce que tu dis est vrai mais Robert, si tu as la chance d'avoir peu de monde, tu prendras plaisir à quelques oeuvres mineures, à la mise en parallèle avec d'autres peintres, bref, je crois que c'est plus l'ambiance qui compte !!! et là, on croise les doigts pour que les rombières soient aux soldes !!
Une petite réserve pour Julie Fuchs qui toute jeune encore a enchanté mon oreille quelqu'un à suivre...
Martine : Très drôles ces bribes de conversations saisies en plein vol. Moi, j'ai eu droit à deux lycéennes qui parlaient plus fort que tout le monde et qui recrachaient leur cours d'histoire de l'art à des parents qui contemplaient, émerveillés, leur progéniture. Elles étaient à baffer! Mais les parents encore plus qui les laissaient pavoiser!
Pauvre Robert, les soldes ne commencent seulement que mercredi! Vous allez devoir affronter Jacquemart un dimanche! Quel courage!
Cricri : non c'était du 18e!
F£ö : tu sais que tu es toujours le bienvenu et que je t'attends!
Anthouane : Tu as fini avec ce ton victimaire? On dirait du Anaël... Et que je sache, les chocolats de Genin, je t'en ai déjà fait goûter, non?
Michel de Lyon : Ah! vous au moins, vous savez lire entre les lignes et aucun détail ne vous échappe. Connaissez-vous Parme? Non? Je vous conseille alors de vous y arrêter en avril prochain, avant ou après votre escapade vénitienne, puisque c'est sur le chemin, vous aurez de quoi faire entre la Galerie Nationale, le Teatro Farnèse et la Camera San Paolo.
Michelaise : Je crois à tout prendre que je préfère encore voir les Fra Angelico séparément, là où ils sont conservés, comme la belle Vierge à l'enfant du Museo san Matteo de Pise, au moins on a tout son temps, au moins on est sûr de ne pas se faire bousculer, au moins le souvenir reste intact et tout ne se mélange pas, comme Martine le déplore.
Laurence : Ces chanteurs ont chanté mais ne m'ont pas enchanté. J'aurai préféré de toute évidence, chère Laurence, être à votre place! Qu'en ont pensé NB et Métella qui, je crois, assistaient au spectacle?
Ton nouveau profil met en valeur un autre côté de ton tempérament. Superbe.
Je suis arrivée un dimanche matin à 9h30, le musée ouvrait à 10h. Il n'y avait personne et on nous a laissé rentrer, très gentiment. Des salles vides, le bonheur pour profiter de Fra Angelico.
G-F, te sens tu mieux en ta compagnie qu'en celle de Cecilia? Je me suis ennuyée à Amadis,
compte-rendu suivra....
@ GF e a tutti — tantissimi auguri per l'anno nuovo (chiedo scusa per il ritardo).
Après un éloignement forcé des écrans d'ordinateur j'ai d'abord (un quart de seconde) eu un choc: qui osait arborer une tête bougonne à côté de Cecilia ? qui s'était permis de remplacer GF et son sourire bienheureux — ôte-toi de là que je m'y mette mais je n'ai même pas l'air de goûter mon bonheur ?
L'instant d'après les choses s'étaient remises en place, j'avais identifié la photo de couverture du CD et reconnu Jean (Nikolaus) de la Fontaine von … (étrange, je lui trouve une petite ressemblance avec Quentin Tarantino sur cette photo). N'empêche, quand on voit en même temps, du coin de l'œil, la nouvelle photo de GF, air mélancolique et barbe de 2-3 jours …
(cela dit molto chic, look un peu italianisé)
Les photos et le message ont achevé de me rassurer.
En ce qui concerne l'expo: c'est vrai qu'on manque de place, de recul, notamment lorsqu'un groupe/troupeau suivant son guide entre dans une salle. Vrais aussi le recyclage pas très subtil et la déception en constatant les manques. Mais j'ai été agréablement surprise de retrouver l'un des (grands) panneaux de l'Armadio degli argenti avec sa BD scripturaire (mon préféré c'est l'autre, mais bon).
Les conversations plus ou moins ridicules, plus ou moins inspirées, entendues malgré soi, il me semble qu'on les retrouve dans toutes les expos (la proportion frivolités mondaines/ prétentions en matière d'esthétique variant sans doute d'un lieu à l'autre, mais pour être allée voir aussi "Cézanne, Matisse, Picasso, l'aventure des Stein" je peux témoigner qu'on y a droit aussi dans les autres musées, même avec salles plus vastes).
Et parfois il arrive même, quand on a beaucoup de chance, que l'on entende des réflexions intéressantes dont on pourra faire son miel …
@Les idées heureuses : je constate que je ne suis pas la seule à avoir succombé au charme du San Giuliano, de Masolino !
Bonsoir cher GF,
Cette photo de chocolats... c'est chavirant de beauté, et à vous en croire (et on vous croit sur parole ) aussi bon que beau...il faudra vraiment que j'aille vérifier un jour, que je passe du mythe Génin, poétique et sensuel, à la réalité.
C'est vrai que cette expo Fra Angelico est assez éprouvante, qui impose un corps à corps de tous les instants avec des inconnus encombrants et intempestifs... Je n'en ai pas grand souvenir (honte à moi), sinon celui d'une grosse dame ripolinée obstruant les issues des cellules où sont exposés les tableaux , et qui organisait sa journée dans son portable, afin que nul ne l'ignore... désagréable, c'est vrai, mais assez rigolo aussi: si tous les visiteurs se comportaient en civilisés ou avaient le bon goût de ne pas venir, personne ici ne raconterait ces moments pittoresques! Quant à vos lycéennes, GF, je conçois fort bien que ces jeunes Trissotines vous aient hérissé le poil, mais si l'on considère que le lycéen lambda (et pas nécessairement défavorisé) se fout éperdument de l'histoire de l'art, je me demande si leur numéro ne m'aurait pas attendrie, au moins un peu...
Bref il faudrait faire comme Evelyne, y aller tôt, ou pas du tout.
Je repensais à cette expo en arpentant quelques jours après le musée Fabre de Montpellier: des centaines de mètres carrés sans croiser âme qui vive, à part quelques gardiens qui vous regardent d'un air vaguement soupçonneux; une foultitude de croûtes variées, épanouies et décomplexées sur ces vastes murs, et de temps en temps, une merveille au milieu. C'était chouette.
Bon week end, et à très bientôt.
Agnès
Evelyne : Quelle chance dis-moi! Je n'aurais jamais imaginé qu'un musée de cette importance puisse ouvrir autant en avance! Ça me laisse bouche bée! Pas dit toutefois que je suive ton exemple : à 9h30, le week-end, je ne quitte pas mon lit...
NB : Non, ce n'est pas que je me sente forcément mieux en ma compagnie, mais ça va 5 mn ce genre de photos, hein? J'avais l'impression de régresser en ressemblant un peu à ces mères de famille qui, sur leur profil FB, s'affichent en compagnie de leur nouveau-né à qui elles font risette. Et je ne voulais pas non plus qu'on s'imagine que j'étais atteint d'un léger trouble de la personnalité...
Marie : Mais oui! Vous avez raison! Harnoncourt a sur cette photo des allures de Tarentino, et vous remarquerez au passage que la créature céleste à ses côtés a l'air un peu moins rassurée qu'elle ne l'était à mon contact!!! Et puisqu'on en est à se faire chacun nos confidences, voilà ce que j'ai entendu la semaine dernière au Louvre, au sujet de "La Cité interdite": "Ah! ils étaient quand même raffinés ces Chinois pour l'époque"!!!
Agnès : Ah! le Musée Fabre et ses immenses salles, quasi désertes... C'est vrai que j'en garde un beau souvenir ! Je me souviens surtout de ces milliards de Courbet (enfin j'exagère) qui vous sautent à la figure, et au dernier étage, quand on est au bord de l'indigestion picturale, de ces interminables, mais superbes Soulages aux dimensions impériales ! Pour Genin, chère Agnès, je vous propose un exercice de travaux pratiques : passer du mythe au réel la prochaine fois que nous nous verrons, c'est-à-dire dans plus très longtemps maintenant. J'espère qu'après vous avoir fait toucher les collants jaunes du divin Nicolas, laissé froisser sa tunique de velours, vous ne succomberez pas à cet acte dévotionnel et que vous aurez encore un réservoir d'émotions pour goûter aux mosaïques de Genin. En attendant, je vous souhaite un très beau concert ce soir (vous me direz si Maxou ne s'est pas décommandé, mais aux dernières nouvelles, le site du TCE n'annonce pas de catastrophe!) et vous dis à très vite.
Tout à fait d'accord avec toi G-F, l'idée était très bonne mais il faut savoir tourner la page même si tu présumes que les scènes de ménage avec C. doivent être aussi géniales que son chant, n'est-ce pas?
@ Marie: meilleurs voeux à vous pareillement.
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