mercredi 20 avril 2011

Pourquoi j’ai décidé de ne plus remettre les pieds au Théâtre des Champs-Élysées tant que Michel Franck en sera le directeur

Les programmes des différents théâtres parisiens viennent de tomber et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en matière de musique baroque, on n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent l’an prochain. Mis à part l’Opéra Comique, qui tire toujours son épingle du jeu et présente encore une saison très riche avec, entre autres, la création de l’Egisto de Cavalli, Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach ou la reprise de Didon et Enée de Purcell, toutes les autres scènes parisiennes battent en retraite et présentent une offre très décevante. Pleyel ne propose ainsi qu’une formule de cinq concerts sur le thème « les instruments d’époque » et parmi toute la panoplie de concerts d’un intérêt variable représentés à la Cité de la Musique, je n’en vois que deux vraiment alléchants, Platée de Rameau et la Rappresentatione di Anima e di Corpo de Cavalieri. La plus grande surprise vient toutefois du Théâtre des Champs-Elysées qui tourne résolument le dos à ses fondamentaux et nous abreuve maintenant de moult Bellini, Donizetti, Verdi, sans parler de Wagner, à qui tous les honneurs sont rendus. Michel Franck, qui en est depuis 2010 le nouveau directeur, est en train de fouler aux pieds tout l’héritage accumulé par son prédécesseur, Dominique Meyer, qui avait réussi à faire de cette maison une des seules de Paris où l’opéra baroque avait droit de cité.

On peut se demander parfois si ceux qui, à Paris, ont la charge de programmer des concerts aiment vraiment la musique. Comment expliquer que des chefs, d’une grande audace défricheuse comme Hermann Max, Michi Gaigg, Roland Wilson, Ludger Rémy, Konrad Junghänel, ne soient jamais invités dans notre capitale ? Pourquoi, par ailleurs, notre ville boude-t-elle la musique allemande, celle de Hasse, de Keiser, de Graupner, de Stölzel, de Gebel ou de Graun ? Pourquoi n’a-t-on pas entendu une seule note de la musique de Weiss récemment mise au jour au château de Rohrau et pourquoi cet événement mondial n’a-t-il eu chez nous aucun retentissement ?

Comment expliquer, de même, que René Jacobs ne soit présent dans la capitale la saison prochaine que pour un seul spectacle, un opéra de Cavalieri en version de concert, qui sera donné à la Cité de la Musique, alors qu’il sillonnera l’Europe entière pour reprendre l’Orlando Paladino de Haydn, faire découvrir le Telemaco de Gluck et exalter, avec Bejun Mehta, le chef-d’œuvre de Haendel, Orlando ? Qui pourra me faire comprendre pourquoi cet artiste, qui est à mon avis le meilleur chef baroque au monde, n’a droit qu’à un minable strapontin à Paris, alors qu’en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Belgique, on sait lui faire la place qu’il mérite ? Comment justifier que sa Calisto de Cavalli, son Croesus de Keiser, son Orpheüs de Telemann, son Belshazzar de Haendel, qui ont été salués unanimement par la critique internationale comme des événements artistiques majeurs et ont raflé tant de prix et de distinctions musicales, n’aient jamais été représentés à Paris, alors que tant de mauvais Vivaldi inondent la scène des théâtres parisiens ? Comment expliquer que ce chef, alors même qu’il habite à Paris, ne soit pas ici chez lui et comment expliquer encore qu’on ne lui confie pas un lieu ou un festival d’envergure?

Il me semble que ces absences constituent de très grandes injustices artistiques et que celles-ci sont, au moins pour une bonne part, imputables au tempérament routinier de certains programmateurs qui jouent la sécurité, au détriment du courage, de la prise de risque, en invitant des chefs d’une grande médiocrité qui viennent, saison après saison, nous asséner un sempiternel Stabat Mater ou un énième Gloria de Vivaldi. Le Théâtre des Champs-Élysées est passé maître dans la programmation de ce genre chefs-d’œuvre de circonstance : quelques jours avant Noël, il y a toujours un Messie, quelques jours avant Pâques, une Passion de Bach, etc. Peu importent donc les interprètes, pourvu que les œuvres soient célébrées et que le public vienne nombreux. Cette programmation qui, d’une année sur l’autre, ne bouge pas d’un iota, ne connaît qu’une seule logique, celle du tiroir-caisse, et ne fait vraiment pas justice à l’esprit du baroque, qui requiert qu’on déterre des partitions inconnues et qu’on monte sans cesse des spectacles nouveaux.

Comme si ce n’était pas assez de représenter toujours les mêmes œuvres, le théâtre de l’avenue Montaigne déroule son tapis rouge pour des chefs d’une effarante médiocrité, tels Paul McCreesh ou Jean-Claude Malgoire. Ce dernier aura l’honneur la saison prochaine de diriger La Passion selon saint Jean et Les Vêpres d’un confesseur de Mozart. C’est bien connu, on ne remplace pas une équipe qui perd… ! De même, pourquoi confier à l’un des chefs d’orchestre les plus plan-plan qui existent, à savoir Alan Curtis, l’exécution des opéras de Händel ? Après Ariodante, voilà que la maison donne son feu vert pour qu’il dirige l’an prochain Giulio Cesare. Nul doute que le public sera au rendez-vous, plus pour l’œuvre elle-même, qui est un insurpassable chef-d’œuvre, ou pour les interprètes, en tout point remarquables, que pour le chef qui est bien obligé de compenser son absence de vision par une distribution flamboyante.

Après les chefs, jetons maintenant un coup d’œil sur le répertoire. Haendel, qui était autrefois le compositeur le plus joué au théâtre, cède curieusement la place à Vivaldi. J’observe qu’il y aura l’an prochain trois opéras de Vivaldi, et qu’après la programmation en 2011 d’un Farnace avec Sonia Prina, Michel Franck a choisi de reprogrammer en 2012 un autre Farnace de Vivaldi, mais cette fois avec Max-Emmanuel Cencic dans le rôle-titre. L’œuvre est-elle si grandiose, si inoubliable, pour qu’on la remette sur la scène neuf mois plus tard ? De même, avait-on vraiment besoin d’un autre Parsifal de Wagner, après celui donné il y a quelques jours ? Je note au passage que le théâtre élargit son répertoire à Wagner, avec trois opéras l’an prochain, Parsifal, donc, mais aussi La Walkyrie et Tristan et Isolde, opéras dont on peut se demander s’ils sont réellement adaptés au lieu (mais Michel Franck répondra par l’affirmative depuis que des travaux ont été engagés pour élargir la fosse d’orchestre qui peut désormais – la belle affaire ! – accueillir 100 musiciens). De même, était-il absolument nécessaire de redonner l’an prochain Les Saisons, pour la deuxième année consécutive? Pourquoi limite-t-on toujours Haydn à ses Saisons ou à sa Création ? C’est  bizarre qu’on ne retienne que ces deux oratorios, alors qu’il en existe un troisième, étincelant de beauté, qui ne demande qu’à être mieux connu : Il Ritorno di Tobia… L’œuvre n’a, à ce jour, été présentée qu’à Londres et à Poissy, mais il faudra se morfondre encore de longues années avant de la voir à l’affiche d’un théâtre parisien…

 Pour les récitals de chant, on éprouve la même déception. Rien que des choses très convenues. Tout se passe comme si Michel Franck ne connaissait pas d’autres chanteurs que français. On retrouvera donc cette année encore, cocorico oblige, Natalie Dessay, dont il n’est plus besoin de rappeler à quel point la voix est en lambeaux, et Philippe Jaroussky, dans deux récitals, l’un consacré à Haendel, l’autre au Seicento italien. Ne nous y trompons pas, c’est la poule aux œufs d’or du théâtre, qui a déjà programmé cette saison trois récitals de l’artiste, de qualité plutôt variable, si je songe au concert Jaroussky and friends (qu’il aurait franchement mieux valu appeler Jaroussky and Virgin’s friends)... Les groupies de Jaroussky s’en frotteront peut être les mains, mais ils ne sont pas les seuls à fréquenter les salles de concerts. On voudrait rappeler au directeur du TCE qu’il existe sur le marché lyrique d’autres contre-ténors, aussi talentueux, sinon plus, que Jaroussky : je pense à Bejun Mehta ou Franco Fagioli que l’on ne voit jamais à Paris et dont on se demande bien ce qu’attendent les directeurs de théâtre pour les faire venir.

Voilà, en quelques lignes, ce qu’est en passe de devenir le Théâtre des Champs-Elysées, un théâtre comme tant d’autres, qui brouille son image et qui, au nom du changement pour le changement, réduit en poussière ce qu’on a mis des années à construire. Du coup, le mouvement baroque, qui est le principal phénomène musical de ces 50 dernières années, se trouve pour ainsi dire chassé de Paris. Il n’existe dès lors, dans la capitale, plus aucun lieu qui lui soit dédié. Pourtant, lors de sa prise de fonction, le conseil d’administration avait transmis au nouveau directeur une feuille de route lisible, qui s’articulait en deux volets : « la fidélité à tout ce qui a été fait et réussi ces dernières années, mais aussi l’apport d’une touche personnelle » (je cite Raymond Soubie). Si, à mon sens, le premier objectif a été abandonné, on ne peut guère nier, en revanche, la touche résolument personnelle qu’a mise en œuvre Michel Franck. Son originalité, car il en a une, c’est en effet d’avoir touché, et donc coulé, notre pouvoir dachat, le prix des places ayant spectaculairement augmenté. Il y avait autrefois sept catégories de places, Michel Franck a souhaité, et c’est louable, qu’il n’y en ait plus que six. Mais cette refonte s’est traduite par une translation des prix vers le haut : toutes les anciennes catégories sont passées dans la catégorie supérieure, sauf la première, bien évidemment, ce qui équivaut à 25% d’augmentation en moyenne !

Tout ceci, on le voit, s’apparente à une forme de hold-up, à une attaque en règle de la diligence. Que croit Michel Franck ? Que les arbres poussent jusqu’au ciel ? Ne sait-il donc pas que les salaires des fonctionnaires, qui fréquentent assidûment son théâtre, n’ont pas été revalorisés en 2011 et qu’ils ne le seront pas davantage en 2012 ? Cette hausse des tarifs, sans précédent dans l’histoire du théâtre, paraît d’autant plus injustifiée et injustifiable que Michel Franck dispose maintenant de moyens financiers qui ont, de son propre aveu, « sensiblement » augmenté. Mais donne-t-on plus d’argent au théâtre pour qu’en dernier ressort le prix des places augmente ? C’est le contraire qui devrait se produire ! Je le dis à Michel Franck : je ne crois pas qu’il s’agisse là d’un bon calcul car nombreux sont ceux qui ont décidé, cette année, et l’année prochaine encore, de ne pas renouveler leur abonnement. J’en fais bien évidemment partie car je considère extrêmement important de manifester son désaccord avec ses pieds.

Autrefois, j’avais l’habitude d’acheter un strapontin d’orchestre : je faisais le sacrifice du confort, mais cela me permettait d’être au premier rang en payant 20 à 30 euros moins cher que mes voisins qui, eux, bénéficiaient pour ce prix-là d’un fauteuil douillet. Désormais, il n’y a plus personne qui achète ces places-là, si j’en crois ce que me rapportent mes anciens amis du premier balcon qui – touche personnelle de Michel Franck oblige – sont maintenant perchés au second balcon ! Quelle mamie, en effet, accepterait de payer 140 euros pour rester assise trois heures sur un strapontin, quand on sait qu’au bout de 30 minutes, un étudiant robuste ressent déjà des escarres dans les fesses ? Il y a peut-être une solution à tenter, comme cela se fait ailleurs : soudoyer une ouvreuse qui, moyennant cinq euros, vous autorisera à vous replacer sur un fauteuil vacant. Dautant plus que ce ne sont pas les sièges vides qui manquent, le théâtre ayant dû brader à 30 euros sur Fnac.com nombre de billets en première catégorie pour Idomeneo ou La Finta giardiniera...

Quand on lui pose la question, notamment lors de la présentation de la saison, l’intéressé botte en touche et balaie l’argument d’un haussement d’épaules, en affirmant, je cite, que s’il y a bien eu un redécoupage des catégories, la « masse financière est restée la même » ! Michel Franck nous prend manifestement pour des abrutis finis. Et pour prouver qu’il ment comme un arracheur de dents, il suffit de comparer le plan de salle avant et après son passage.

Double-cliquer pour voir le plan s'afficher en grand
Si la masse financière est donc restée la même, c’est peut-être au sens où le public du théâtre, désormais moins nombreux, paye un tiers plus cher ses places…

On espérait vivement qu’avec la nouvelle saison, la direction corrigerait le tir. Mais elle ne l’entend visiblement pas de cette oreille et, comme le diable, préfère persévérer dans l’erreur.
Quelle est donc la logique de tout ceci, si ce n’est de balayer les derniers gueux en Converse accrochés à leur strapontin ? Pas non plus de quoi s’étonner lorsqu’on sait que le président du Théâtre des Champs-Élysées, l’homme qui a donné blanc-seing à Michel Franck, n’est autre que Raymond Soubie, l’ancien conseiller social de Sarkozy, l’artisan de la réforme des retraites la plus injuste d’Europe. Et ce sont ces mêmes d’administrateurs que vous entendrez se répandre onctueusement dans les médias pour entonner l’air de la démocratisation de la culture…

Est-ce à dire que tout soit à jeter dans cette programmation ? Évidemment pas ! On aura repéré ici ou là un ou deux concerts, un ou deux interprètes, qu’on aurait évidemment eu beaucoup de plaisir à voir, je pense à cette Didone de Cavalli, avec Anna Bonitatibus dans le rôle-titre. Mais tout n’est pas perdu : avis aux globe-trotters, cette même Didone sera à l’honneur du théâtre de Caen, l’an prochain, moitié moins chère. On a fait 2000 kilomètres ce mois-ci pour voir Harnoncourt, on pourra bien en faire 200 dans quelques mois pour voir Christie. On aura, au passage, gagné un beau voyage, vu du pays et savouré une tarte au camembert, comme il s’en rencontre de bonnes au marché de Caen. Pour cela – et hélas uniquement pour cela – merci Michel Franck !

16 commentaires:

  1. Mais voyons GF, ce n'est pas parce qu'on ne trouve pas ce qu'on veut dans une saison qu'elle est mauvaise !!! Et que dire alors de l'ONP sous l'ère Joël... Bien d'accord que les tarifs du TCE sont très exagérés, et bien d'accord également que cette nouvelle saison la joue poids lourds qui rempliront la salle. Pas de prise de risque, j'ai besoin de remplir, remplir ou mourir. Là où d'autres jouent la carte des tarifs jeunes et des saisons hyper marquées, hyper identifiables, le TCE et l'ONP jouent la carte inverse... Certes. Mais pourquoi bouder son plaisir d'avoir deux fois le plus grand ténor du monde à Paris ? Pourquoi bouder son plaisir de voir Nagano revenir avec La Walkyrie de Nina Stemme après son Parsifal d'Anthologie ? Pourquoi bouder son plaisir dans l'attente d'un Tristan dirigé par LE chef qui monte et que le monde s'arrache ? Et pourquoi ne pas se précipiter sur des choses jamais données, comme Oedipus Rex, Oberto ? Pourquoi ne pas se réjouir de revoir si souvent Anna Bonitatibus, que Paris découvre bien tard ? Alors oui, Jacobs et les autres nous manquent, mais prends-le plutôt comme une invitation à aller voir ailleurs : non pas à Vienne ou Berlin (enfin, si, bien sûr, aussi !!!), mais à l'Opéra comique qui, comme tu le dis, propose, de saison en saison, une programmation décidément très originale, très cohérente, et très claire dans ses orientations (ce qu'on appelle une politique de programmation, donc), ou au théâtre du Châtelet, lui aussi clairement identifié désormais, pour découvrir la comédie musicale ? Exhumation de raretés d'un côté, promotion d'un genre d'un autre. Pourquoi ne pas aller à l'Athénée qui lui aussi sort des sentiers battus ? Et pourquoi ne pas aller, même, au théâtre des Champs-Elysées, s'initier à Wagner quand il est servi par les meilleures équipes vocales et orchestres imaginables ? L'herbe est toujours plus verte ailleurs, mais tu découvriras peut-être que si l'arbre Jacobs est bien maigre, la forêt qu'il cache est peut-être plus luxuriante qu'il n'y paraît ! La fièvre baroque est redescendue, nul doute qu'lle ne tardera pas à revenir ! En attendant, allons voir autre chose, il paraît qu'on pourrait trouver ça beau !

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  2. Je sais bien que tu aimes me titiller, mais là tu es un peu à côté de la plaque, non? Je m'émeus de la disparition du baroque à Paris, et tu me réponds que c'est le moment où jamais de dompter mes oreilles avec Wagner. C'est un peu comme si tu disais à un végétarien catastrophé par la fermeture de son restaurant préféré: "essaie-donc la viande, tu verras, c'est très bon!!!" Pardon, mais j'ai essayé Wagner cette année, Le Vaisseau fantôme et Siegfried, eh bien c'était atroce, je te confirme que je n'aime pas cette musique! Ne t'étonne pas non plus si j'ai refusé ton invitation pour Pelléas et Mélisande après avoir enduré Arianne et barbe bleue à Pleyel 48 heures plus tôt : même librettiste, même esthétique musicale... J'espère que lorsque tu évoques "le plus grand ténor du monde à Paris", tu ne fais pas allusion à celui qui nous a servi une infâme Donna l'an dernier et qui nous parle, à l'issue de chacun de ses récitals, des dérèglements de sa flore(z) intestinale pour justifier l'absence de bis... Bon allez, je te laisse, je sais que tu as un avion à prendre...

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  3. Pourquoi les gens veulent ils absolument vous convaincre d'écrire différemment, d'admirer différemment, de choisir différemment, Je trouve que c'est un abus de pouvoir... et même une négation de l'autre. Allez au diable dans votre avion ... sans rire...quelle démagogie...

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  4. Anonyme23.4.11

    Vous avez fort joliment craché la vérité à Monsieur Franck. On espère qu'elle restera longtemps sur elle...

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  5. Anonyme23.4.11

    Au Darfour ils en sont sur le cul.

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  6. Alcina25.4.11

    GF : Ce n'est pas plutôt Jonas, le plus grand ténor du monde en ce moment ?

    A vrai dire, pour commenter l'article même, je ne boude pas mon plaisir d'entendre un peu plus Wagner, mais pour autant cela ne me console pas du traitement de la musique baroque, et je te rejoins sur ce coup de gueule. Voir Wagner à l'ONP et Haendel et les autres au TCE, c'était compatible... Mais ce qui me chagrine surtout, quelle que soit la programmation de ces deux maisons, Wagner ou baroquerie, c'est que cela ne va de toutes façons plus être vraiment possible d'aller juger sur pièces cette fameuse saison. Et d'écouter de la musique fraîche et pas en boîte, vu la hausse des prix extraordinaire des prix de ces deux maisons. Ce que tu dis des tarifs du TCE est également valable ailleurs. A l'ONP, c'était déjà étonnant cette année, mais la saison prochaine manifeste plus encore cette reconquête des salles par les visons et les perles...
    J'avais coutume de dire à des jeunes gens étonnés que pour le prix d'un ciné, ils pouvaient aller à l'opéra, - ce que certains ont fait- , et à présent je serai bien en peine de leur donner tort lorsqu'ils pensent que la musique classique, c'est pour les riches...

    Bien sûr, c'était déjà un luxe avant, la musique fraîche et pas en boîte, mais il y a avait moyen, pour les passionnés désargentés, d'aller écouter de la belle musique vivante pour quelques euros et un peu de patience. Là, à part l'abonnement jeune de Pleyel...

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  7. Plussain pour Alcina !!! Pour la plaque, non, je reste ferment visse dessus tout en etant le premier desole du sort reserve a Wagner a l'ONP... En attendant mieux, je vais voir ailleurs, no sans gromeler d'aileurs... Quant au fond... nous sommes donc d'accord !

    Raf, qui n'est pas au diable, mais au Met !!!

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  8. ah la damnation de Faust...ou la chevauchée de la W...décidément l'enfer est pavé de bonnes intentions...

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  9. Tout à fait d'accord avec post! C'est bien de faire jouer des instruments anciens à Paris, mais le Messie, les Stabat Mater, Curtis, etc. y en a marre!!!
    Quant aux opéras de Vivaldi, cela devient tout simplement ridicule. Quand je pense qu'on ne joue même pas les opéras de jeunesse de Mozart qui sont bien supérieurs, sans parler des rares Haendel, de JC Bach, etc..
    Pour René Jacobs, j'éprouve une profonde tristesse .. peut-on honnêtement me dire que Spinosi ou Rousset dans Mozart c'est mieux?

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  10. Alcina : Si, bien sûr, c'est Jojo le plus grand, mais je voulais titiller notre cher Raf', qui partait précisément au Met pour l'entendre dans Wagner. Et je suis trop content de te lire ici, alors que nous avions surtout l'habitude de mêler nos voix chez les Barjos, que j'ai, soit dit en passant, un peu abandonnés... Évidemment, il va falloir t'y prendre autrement, et avec des arguments différents, pour sensibiliser tes élèves à l'Opéra. Enfin moi, comme tu sais, l'abonnement jeune à Pleyel, c'est plus trop dans mes cordes. Et je ne sais pas comment on va pouvoir faire pour stopper la progression des visons et des perles comme tu dis si bien, à part miser sur le bradage des places sur Fnac.com?

    Laurence : J'aime vos rages bloggonautiques! Sachez qu'il n'est pas prêt de quitter son enfer wagnérien!

    Y : Merci pour ton retour. Tu as raison, je n'avais jamais pensé à ce que tu dis sur les opéras de jeunesse de Mozart qu'on ne voit jamais, à côté des mauvais Vivaldi qu'on subit saison après saison, mais en effet, je crois - enfin je suis certain - que je n'ai jamais vu sur scène Lucio Silla, Mitridate ou encore Il Rè pastore qui sont en effet des opéras de génie (surtout Lucio). J'ai dû voir une fois Le Songe de Scipion, une seule fois aussi La Finta pendant l'âge d'or du Théâtre de Poissy, et puis basta! Tu as bien fait en tout cas de prendre les billets bradés sur Fnac.com pour la prochaine Finta, moi je serai en vacances à ce moment-là

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  11. Alcina26.4.11

    Bonsoir,
    si cela peut te consoler, j'ai dépassé aussi la date de péremption pour les abonnements de Pleyel... Mais j'en fais la promotion auprès de quelques intéressées...
    Par ailleurs, je passe du coq à l'âne, mais je pense à toi : le printemps arrive, et c'est donc le moment pour les secondes d'étudier... ton cher Balzac bien sûr, ça y ils sont mûrs !
    (et n'en déduis pas que le coq était Mozart et l'âne Balzac, loin de moi cette pensée...)

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  12. Quand l'enfer a la voix (et les traits...) de Jonas K., il m'est un paradis... Et puisqu'on parle vison et perles, eh bien figurez-vous qu'au Met, le public se distingue en deux autres categories : Dallas et Disneyland. J'etais dans une loge Disney...

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  13. Anonyme2.5.11

    D'accord ,de gustibus non disputandum ,mais puisque tu te fais à Lully ,seras tu toujours insensible à la forêt et à la fontaine de Pelléas (dont l'esthétique pour moi tourne le dos à celle de l'Ariane de Dukas? Dans de bonnes versions avec orchestre frémissant et de préférence des voix françaises ,c'est un opéra envoûtant... Quant à Wagner,si on élimine les mises en scène impossibles et lourdaudes,et les chanteurs parfois à la peine ,les bonnes occasions ne sont pas légions.Je connais mal dans leur intégralité les opéras de Vivaldi ,mais les airs comme Alma oppressa ,ds La fida ninfa ,(Bartoli,Piau) ou encore Gelido in ogni vena ,de Farnace ,album Bartoli )ne" me paraissent pas mal du tout . Au fait ,cette année ,pas de Bartoli? C'est ma dernière chance...Et les airs de La fida ninfa par Topi Lehtipuu ? Mais je dois avoir le goût dépravé car j'aime même Villazon en Ercole ! A un prochain concert peut-être . SIBYLLE.

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  14. Anonyme10.5.11

    Cher GF,
    j'aime bien vos saintes colères, elles vous inspirent autant que vos enthousiasmes, et je suis vraiment bluffée par l'élan et la structure impeccable de votre argumentation: votre portrait de ce TCE rempli (souvent mal)de gens friqués et indifférents, bruissant de perlouzes et de sonotones mal réglés, et bien peu audacieux dans ses d'oeuvres, de chefs et de chanteurs, choix, sonne juste. Et je jubile (je sais que c'est idiot) chaque fois que quelqu'un n'aime pas Wagner, dans mon cas c'est purement organique, toutes les fibres de mon corps refusent cette musique (et pas mal d'autres de la même époque...). J'enrage de ne voir apparaître à l'horizon parisien ni Mehta, qui m'éblouit, ni Fagioli (une vraie révélation, très beau CD "canzone et cantate", acheté grâce à vous qui aviez évoqué ce chanteur). Il n'empêche, je me suis réabonnée au TCE, parce que ma passion baroque étant assez récente (une dizaine d'années), je ne suis pas encore lassée des grands classiques,même si je jette l'éponge pour le prochain "Gloria", et qu'il me reste une foultitude de trucs à découvrir: je ne suis pas allée écouter "Farnace", pas motivée par Panzer-Prina, mais je suis ravie de le découvrir avec Cencic; et comme Sybille l'a très bien écrit, il me semble que les opéras de Vivaldi ne peuvent pas être vraiment mauvais , si l'on peut en tirer les sublimes perles qu'elle évoque; à ce propos, Nathalie Stutzmann a fait un somptueux récital vivaldien à Gaveau, cela donne très envie pour septembre prochain à la cité de la musique...
    Et puis, je l'avoue, en me couvrant la tête de cendres, j'AIME Jaroussky, donc s'il chante au TCE du baroque, j'y vais allègrement, et plutôt deux fois qu'une, et en général je me pâme en l'écoutant (pas en le regardant):je pense que c'est hormonal; je me suis d'ailleurs assez bien reconnue dans le portrait d'une jarousskylâtre éperdue que vous croquâtes il y a quelques temps, sauf que j'écoute et apprécie aussi les autres chanteurs de la soirée, ce qui ne semblait pas être le cas de la dame...
    Quoi qu'il en soit je suivrai si je peux vos conseils avisés en allant voir ce qui vaut encore la peine; ne changez rien, continuez à galoper dans l'Europe entière et à nous raconter tout ça, surtout les beaux concerts, et encore merci pour tout.
    A très bientôt
    Agnès (de Paris)

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  15. Merci Agnès pour votre commentaire si drôle et si bien troussé qui m'a fait hurler de rire (j'aime beaucoup l'assonance entre jarousskylâtre et croquâtes). Pour vous prouver que je ne suis pas non plus un vivaldophobe buté et que je suis d'accord avec Sybille, j'ajouterais qu'il m'arrive 1) d'acheter des CDs de Vivaldi (d'ailleurs, s'il y a un opéra que vous pouvez acheter les yeux fermés et que, j'en suis certain, vous adorerez, c'est Bajazet dirigé par Biondi), 2) de prendre des places de concerts pour aller écouter certains de ses opéras inédits, mais à chaque fois je m'ennuie un peu, sauf quand c'est Biondi qui dirige (à ce sujet, ce n'est pas un scoop, mais j'ai pris une place pour le concert que vous évoquez avec Stutzmann et Cencic à la cité de la Musique), 3) de parcourir même l'Europe entière pour aller écouter les "perles" vivaldiennes. Sur les 94 opéras que le maître se vante d'avoir écrits, on peut en effet trouver ça et là quelque air bien senti. Mais encore faut-il avoir l'interprète idoine, ce que je crois avoir trouvé en la personne de Cecilia que j'irai donc écouter à Baden-Baden en juillet prochain dans un programme 100% dédié à Vivaldi. Connaissez-vous son album Vivaldi? Procurez-le vous, c'est une pure merveille. Il se murmure qu'elle en prépare un second. Nous verrons ce qu'il en est. Pour ce qui est du TCE, je conserve deux motifs d'agacement, la hausse spectaculaire du prix des places qui me contraint à aller voir ailleurs (mais heureusement que les spectacles tournent) et la place prépondérante accordée à Wagner. Savoir que sa musique vous révulse est une source de consolation pour moi : je me sens ainsi moins seul!

    PS : Et puis ne rougissez pas d'aimer Jaroussky, c'est un excellent chanteur, encore qu'il soit pour moi toujours dans le même registre d'énonciation. Je suis heureux de vous avoir fait découvrir Fagioli, je suis certain que ce chanteur va nous réserver de belles surprises à l'avenir, et si vous êtes à court d'idées d'achats discographiques, vous pouvez toujours vous procurer Berenice qui tourne en boucle chez moi. Bonne nuit et à bientôt...

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  16. Anonyme5.7.13

    Attends l ami, le concerto n1 de Tchaikovski par M. KISSIN, n est ce pas le must des must ?

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