vendredi 15 octobre 2010

Splendeurs et misères de San Gimignano

Dès la première seconde où j’ai mis les pieds à San Gimignano, j’ai tout de suite réalisé que j’avais commis une erreur monumentale en imaginant que cette petite cité pouvait être aussi paisible que celles que j’avais visitées jusqu’alors. Songez, en effet, que dès mon arrivée, Porta San Giovanni, des cars entiers crachaient des régiments de touristes comme des laves qui s’écoulent d’un volcan. L’industrie touristique a métamorphosé cet endroit si extraordinaire en son exact contraire, c’est-à-dire en quelque chose d’absolument abominable. Bien évidemment, il ne s’agira pas, dans les lignes qui suivent, d’accuser ces pauvres touristes, car touristes, nous le sommes tous, peu ou prou. Il ne s’agira pas non plus de céder à une quelconque réaction esthète en se faisant le chantre d’une époque révolue où le voyage en Italie était réservé à une petite élite artiste. Le tourisme permet la découverte de sites fantastiques et rend possible la démocratisation de la curiosité, ceci n’est pas rien. Il s’agira plutôt de traduire le sentiment ambivalent qui s’empare de chacun de nous lorsque nous découvrons que nous ne sommes pas les seuls à vouloir admirer toutes les merveilles enfouies dans cette adorable Italie. Pourquoi, devant un tel spectacle, a-t-on soudain envie de partir ? Pourquoi, encore, le tourisme est-il endémique à San Gimignano, alors que ce n’est absolument pas le cas à Urbino, une ville qui possède qui possède pourtant la même taille et le même caractère pittoresque ?

À ce phénomène, il y a une première explication. Urbino est assez éloignée des grands centres touristiques, tels Bologne, Venise, Ravenne, tandis que San Gimignano se situe à proximité de Florence et de Sienne. Par son emplacement géographique, elle est devenue en quelques années une étape obligée du voyage en Italie ; elle a sa place dans n’importe quel kit Toscane. Le problème est que, avec le succès de cette formule, la ville s’est complètement transformée. Elle a été entièrement ripolinée pour plaire au plus grand nombre. Les artisans ont disparu ; on a mis à la place des boutiques de souvenirs. Le touriste est devenu une cible marchande. Or, répétons-le, on ne vient pas à San Gimignano pour repartir avec un sac en cuir ou une bouteille de Chianti. Si on prend la peine de faire autant de kilomètres, c’est avant tout, me semble-t-il, pour voir des choses qui n’ont pas été conçues pour nous ou en fonction de nos prétendus besoins. Et ce n’est pas ce qui manque à San Gimignano entre la Maesta de Memmo Lippi, les Saint Sébastien de Gozzoli, les tours des des Salvucci et des Ardinghelli...

Ma première envie, dès le départ, fut donc de faire demi-tour, mais il m’était tout bonnement impossible de la satisfaire car j’avais réservé une chambre d’hôtel des mois à l’avance en laissant mon numéro de carte bleue – la condition sine qua non, m’avait expliqué le patron, pour que ma réservation soit prise en compte. Il n’y a qu’à San Gimignano que les choses se passent comme ça, partout ailleurs on n’exige pas de garanties si grandes ! Je ne vais pas entrer dans les détails, mais cela n’a pas été simple non plus pour récupérer la chambre d’hôtel car à l’heure où nous nous sommes présentés, il n’y avait évidemment personne pour nous accueillir. Sur le chemin qui conduisait de la Porta San Giovanni jusqu’à la Collegiata, je découvrais, médusé, des magasins remplis d’horreurs, comme il s’en trouve tant à Venise, avec des céramiques de toutes les tailles et pour toutes les bourses. Ce qu’il y avait de navrant aussi dans ce spectacle, c’était de constater que les commerces de bouche, sur les devantures desquels était partout affiché : prodotti tipici toscani, ne proposaient vraiment rien d’alléchant. Certes, on trouve bien du proscuitto toscano, du salame di cinghiale con finocchio et des sachets de cantucci, mais la marchandise n’est pas très belle, les commerçants font la gueule et les prix sont parisiens. Ceux qui espéreront faire un festin devront déchanter. La raison, c’est que les commerçants qui ont pignon sur rue ne fabriquent pas eux-mêmes leurs produits, ce ne sont que des revendeurs qui vous débitent les mêmes jambons et les mêmes saucissons en tranches. Une exception toutefois : Mari (dal 1920). Comme la fine fleur qui ne pousse que sur un tas de fumier, cette boutique est bien une des seules, dans son genre, à proposer de la charcuterie excellente. San Gimignano compte également une bonne pâtisserie (Armando e Marcella, via San Giovanni, 88), mais sa caissière est enragée, et une très bonne gelateria, Piazza della Cisterna. En dehors de ça, il n’y a plus rien.

Autre motif d’exaspération, les noms des boutiques sont en anglais et les commerçants articulent une sorte de Wall Street English, quand bien même vous faites l’effort de communiquer avec eux en italien ! Hasardez-vous à commandez un caffè lungo, on vous répondra de façon brutale : inside or outside ? Les prix des boissons et des plats ne sont pas affichés, c’est vraiment à la tête du client, comme chez ce marchand de porchetta qui, le jour du marché, était bien décidé à me vendre son cochon farci à 23 euros le kilo, quand celui d’Arezzo, bien meilleur, plafonne à 18 euros. On demandera de préférence quelques tranches de porchetta, pour éviter le pain infâme, tout blanc et cartonneux, dans lequel on voudrait vous la faire déguster.

J’ai même vu, toujours sur ce marché, une marchande de légumes me faire payer le kilo de pommes plus cher que ce qu’il était affiché ! Après lui avoir fait remarquer qu’elle se trompait, pensez-vous qu’elle se serait excusée ? Que nenni ! Elle a repesé ses pommes en bougonnant. J’ai manqué de cran, j’aurais dû les lui balancer à la figure. Voilà, donc, pour les misères de San Gimignano. Le malaise n’a pas été exagéré. Mais passons maintenant à un autre chapitre.

Pour échapper à ce cauchemar, il ne vous reste plus qu’à jouer la carte des musées et des églises. Une solution judicieuse quand on sait qu’une visite à San Gimignano dure en moyenne deux à trois heures (c’est en tout cas ce que dit le Guide bleu) et que les touristes, souvent très âgés, n’ont pas forcément envie de faire du surplace devant une Madone à l’enfant, après s’être coltinés plusieurs heures de car. Commençons par le Museo Civico qui est installé au cœur du Palazzo Comunale car il abrite une splendide Maesta de Lippo Memmi qui date de 1317 et qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle que son beau-frère, le grand peintre Simone Martini, a peinte deux ans plus tôt dans le Palazzo Pubblico de Sienne.

La fresque, dont on naperçoit ici quun détail, est tombée rapidement en décrépitude. Elle a été restaurée au Quattrocento par Benozzo Gozzoli, le fameux peintre de La Chapelle des Mages à Florence, qui a retouché ici quelques figures et ajouté en 1467 sa signature de peintre et de « restaurateur » (cest bien le terme employé).

La fresque se trouve dans la salle du Conseil, appelée aussi salle Dante, car c’est ici que l’auteur de La Vita nuova est venu plaider en 1299, en tant qu’ambassadeur de Florence, les bienfaits d’une alliance guelfe. En vain ! À l’étage supérieur, on accède ensuite à la Pinacothèque qui conserve un des derniers grands retables du Pinturicchio, une Madone entourée de saints, et ce retable est présenté entre deux tondi de Filippino Lippi, un Ange et une Madone, deux pendants qui forment une Annonciation.

La pinacothèque abrite encore une très ancienne Crucifixion avec un dolenti (quon ne voit pas ici), que l’on doit à Azzo di Masetto, un peintre florentin actif à San Gimignano entre 1289 et 1297. On découvrira encore une Vierge à l’enfant de Gozzoli et un singulier polyptique de Taddeo di Bartolo, dont un des panneaux en bois représente l’évêque de Modène, Saint Geminien (en italien San Geminiano), le patron de la ville quil protège et que l’on reconnaît à ses nombreuses tours.
Dans la pièce voisine, on peut observer des fresques très curieuses de Memmo di Filippuccio, contemporaines de celles de Memmi. Changement d’ambiance. Il s’agit cette fois de scènes privées, domestiques, alors que nous sommes dans un palais public. Deux jeunes mariés prennent le bain, se caressent, puis vont au lit, tout nus.
Le billet pour le Museo Civico et la Pinacothèque est combiné avec celui de la Torre Grossa, qui culmine à 54 mètres et qui offre une vue plongeante sur la tour voisine, la Torre Rognosa (51 m), mais aussi sur la ville et la campagne toscane.

Cette Torre Grossa est actuellement la tour la plus haute de San Gimignano, sur les treize autres tours qui sont encore debout, mais il faut s’imaginer que la ville en possédait plus de soixante-dix, il y a six ou sept siècles de cela. Elles témoignent du passé économique glorieux de la ville car, pour les grandes familles de l’époque, qui s’étaient enrichies dans le commerce du textile, il s’agissait avant tout de manifester par ce moyen sa puissance économique et sa suprématie. Conçues comme des donjons, ces tours témoignent aussi des luttes entre familles rivales et l’on sait qu’au XIIIe siècle, le combat faisait rage entre les Ardinghelli et les Salvucci. Les Américains n’ont rien inventé avec Manhattan, il y a même à San Gimignano deux tours jumelles, les Torri dei Salvucci.

À proximité du Museo Civico, on ne perdra pas un instant pour visiter la Collégiale qui a été édifiée aux environs de l’an 1000 quand la ville était sous l’emprise des évêques. C’est l’un des bâtiments les plus anciens, mais aussi celui qui a subi le plus de transformations, puisqu’elle a été remaniée au XIXe siècle. À l’intérieur, elle est entièrement recouverte de fresques, d’inégale valeur, mais elle compte deux grands chefs d’œuvre dont je n’avais jusqu’à présent qu’une connaissance livresque, mais que je voulais voir absolument de mes propres yeux.

Tout d’abord, un monumental Saint-Sébastien de Gozzoli, qui date de 1465. Le saint est entièrement criblé de flèches. Pas moins de six archers participent au martyre, sous l’œil indifférent du saint, dont le corps reste bien raide, bien vigoureux. Je me suis amusé à compter les flèches, il y a en plus de trente, si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que ce Saint-Sébastien ressemble à un hérisson. Qu’on est loin des Saint-Sébastien du Pérugin, totalement nus, avec des archers qui ne sont même pas fichus d’atteindre leur cible : pensez à celui du Louvre qui n’a que deux flèches ou à celui de Stockholm qui n’en a qu’une ! Au-dessus du Saint-Sébastien, on remarque un Jugement dernier de Taddeo di Bartolo, qui se tient à égale distance d’un Paradis et d’un Enfer dominé par la figure cruelle de Lucifer qui dévore Cassius, Brutus et Judas. L’allusion à La Divine Comédie de Dante, qui place les traitres dans le dernier cercle de l’Enfer, est évidente.

Second chef-d’œuvre de cette collégiale, les fresques de Domenico Ghirlandaio qui représentent les obsèques de Santa Fina et qui sont d’un style complètement différent, alors qu’elles sont à peine plus tardives (1475). Elles sont conservées dans une chapelle, dédiée à la sainte, qui est morte à treize ans d’amour divin, au milieu de cette ville si féroce dans ses haines. Ghirlandaio a représenté la sainte étendue sur un catafalque avec le peuple de San Gimignano qui forme un demi-cercle autour de sa dépouille. La niche absidiale, à l’arrière-plan, qui répète la forme demi-circulaire, élargit la perspective, ainsi que les tours de San Gimignano, éléments de contextualisation, disposées de chaque côté.

Gozzoli, dont nous avons vu le Saint-Sébastien de la Collégiale, n’avait pas encore dit son dernier mot, puisqu’il a peint encore deux autres Saint-Sébastien à San Gimignano. Pour les voir, il faut se déplacer aux confins de la ville, jusqu’à cette magnifique chiesa Sant’Agostino.

Pourquoi ne pas faire un détour en passant par la Rocca et les jardins ? Il y a là en effet une jolie promenade, au milieu des vignes et des oliviers.

C’est dans cette église, semble-t-il, qu’il a peint son plus beau et son plus original Saint-Sébastien. D’un point de vue iconographique, il est extrêmement intéressant car, contrairement à l’usage qui voudrait qu’il soit attaché à un arbre et percé de flèches, il est d’abord représenté sur un piédestal, comme une statue.

Il a pris la place de la Vierge, qui est généralement celle que les peintres placent sur un piédestal, et, semblable à une Vierge de la Miséricorde, il protège le peuple de San Gimignano sous la doublure verte de son manteau que deux anges déploient. Les hommes sont à gauche, les femmes à droite, voilées pour la plupart, et les enfants agenouillés de part et d’autre. Tous prient Saint-Sébastien pour qu’il les protège de la peste et qu’il intercède auprès de Dieu pour exaucer leur volonté.

 
Pour le distinguer des autres Saint-Sébastien, on a coutume de l’appeler aussi le Saint Sébastien intercesseur. Son action est d’ailleurs efficace puisque les deux anges, qui exécutent les volontés divines, s’emploient à briser les flèches qui le visent. Mais c’est un Saint-Sébastien qui ne ressemble à aucun autre, parce qu’il est revêtu d’une tunique bleue et parce qu’il n’est transpercé par aucune flèche. La sagittation est suggérée par un minuscule indice, par la trace d’une blessure à la jambe. C’est sans doute pour faciliter la reconnaissance du saint qui n’aurait pas été évidente que le peintre a reporté son nom dans deux zones, d’abord sur le piédestal en marbre blanc, ensuite dans l’auréole dorée au-dessus de sa tête.

Le Christ et la Vierge observent la scène sur un nuage qui ressemble à un tapis volant. Ils étaient présents également dans la scène du martyre de la Collegiata, mais leur action se limitait à une simple bénédiction (pour le Christ) et à une prière muette (pour Marie). Ici, ils refont leur apparition, mais ils ont un rôle beaucoup plus actif, puisque la Vierge dégrafe le corset de sa robe en offrant, telle une Charité, ses deux seins à l’humanité, tandis que le Christ, en montrant la blessure de son flanc, rappelle qu’il en est le sauveur. Par rapport à la fresque précédente, un troisième personnage fait son apparition, c’est Dieu le Père, muni d’une flèche, et entouré de chérubins et de quatre anges qui ont pris la place des archers, puisqu’ils brandissent chacun une flèche.

Dans le troisième et dernier Sebastiano qu’il a peint ci-dessus à San Gimignano, Gozzoli normalise la représentation du saint, en réintroduisant la palme du martyre, la quasi nudité du corps et les vingt-et-une flèches qui font de nouveau de ce Saint-Sébastien un hérisson. Il est peint sur l’un des pilastres de la chapelle Sant’Agostino, laquelle relate en dix-sept épisodes la vie du saint, de son enfance à Thagaste jusqu’à ses funérailles. Ce dernier Saint Sébastien est placé juste au-dessous de Santa Monica, la mère de Sant’Agostino. Cette chapelle est absolument incroyable, on vous laisse la photographier sous toutes ses coutures, la seule chose qu’on exige de vous, c’est que vous jetiez cinquante centimes dans le tronc pour qu’elle s’illumine et révèle tous ses trésors. Au milieu de cette chapelle, sur le maître-autel, on peut également admirer un retable de Pollaiolo qui représente un Couronnement de la Vierge.

Voilà pour les merveilles. À la nuit tombante, une nouvelle scène se dessine. On découvre alors qu’il n’y a plus personne dans les rues de San Gimignano. Les boutiques ont fermé les unes après les autres, y compris les cafés et les restaurants. Les rues sont maintenant désertes, la transition est brutale. San Gimignano redevient alors un petit village comme un autre, avec sa jolie place et sa fameuse gelateria qui, par bonheur, reste ouverte. On peut alors goûter tous les parfums qu’on veut, nocciola, cioccolato, pistacchio, en s’adossant à la margelle du puits, et savourer enfin ces quelques instants de silence, alors qu’on a été si malmené tout au long de la journée et exposé au bourdonnement de la ruche. C’est la nuit, enfin, que les promenades sont les plus délicieuses. À San Gimignano, vous l’aurez compris, le destin d’une chouette ou d’un hérisson est parfois plus enviable que celui d’une abeille.

7 commentaires:

  1. Quelques mots, surtout pour vous dire le plaisir de vous retrouver — car sur le fond ils n'apporteront pas grand chose à votre texte qui se suffit amplement à lui-même.
    Je suis allée trois fois à San Gimignano, et quel que soit le jour de la semaine et le temps qu'il faisait j'ai retrouvé cette ambiance "Mont Saint Michel"/ métro à 6h du soir.
    Quant aux multiples tableaux de saint Sébastien je n'arrive plus tout à fait à les regarder du même œil (à San Gimignano ou ailleurs) après avoir voyagé en Italie avec les jeunes enfants d'une amie qui saluaient chaque martyre de Sébastien rencontré d'un sonore wou-hou-hou à la manière "Peau-rouge", agrémenté d'une joyeuse danse du scalp …
    Enfin, ce qui m'avait le plus frappée à Sant'Agostino c'était la "galerie de portraits" dans la fresque qui représente le saint quittant Rome. Je ne peux m'empêcher de me passionner pour les visages.

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  2. "Cette ambiance Mont Saint-Michel / métro à 6h du soir"... C'est tout à fait ça, vous me soufflez l'idée! On peut aussi contracter les deux : "ambiance métro station Saint-Michel à 6h du soir" :-) A très bientôt et merci pour votre commentaire

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  3. Toujours dans un registre que beaucoup trouvent aujourd'hui naïf, voire kitsch, j'aime énormément les sculptures grandeur nature de bois polychrome de Jacopo della Quercia (une annonciation, l'ange et Marie). Les couleurs (vives, comme les joues rouges de Marie) dérangent, parce que nous révérons des sculptures qui ont perdu leur polychromie ; à un regard pressé elles n'évoqueront qu'une version douce, un peu puérile, des mannequins de nos vitrines …

    On trouve d'autres annonciations de bois peint, à la pinacothèque de Sienne et aussi au musée d'art sacré d'Asciano, due à Francesco di Valdambrino. Elles étaient regroupées dans une seule salle (et merveille, pour une fois l'annonciation de San Gimignano était à notre niveau, bien éclairée et on pouvait en faire le tour !) à l'occasion de l'exposition "Da Jacopo della Quercia a Donatello: le Arti a Siena nel primo Rinascimento" qui s'est tenue à Sienne (sur plusieurs sites mais essentiellement à Santa Maria della Scala) jusqu'au début de l'été.

    Bref, à mon goût un autre chef d'œuvre de cette collégiale, une autre raison de braver la foule (et les gardiens qui "aboient" un peu quand le volume sonore des touristes y devient par trop insupportable — ce qui signifie hélas double bruit et double peine pour les spectateurs respectueux essayant de se concentrer)

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  4. Pienadigrazia regrettait que je n'évoque pas assez les gloutons de l'enfer que Taddeo di Bartolo a peints dans la Collégiale. Et à votre tour, vous avez raison, ces deux sculptures de Jacopo della Quercia sont un pur chef-d'oeuvre et j'ai péché en oubliant de les mentionner. J'ajoute que, pour ma part, je n'ai pas eu à subir les aboiements des gardiens car nous n'étions que trois ou quatre dans la Collégiale, peu de gens ont l'air de s'y aventurer le samedi soir, c'est bon à savoir. Le risque, c'est que j'avais les gardiens sur le dos, les yeux braqués sur mon appareil photo pour m'empêcher de photographier les superbes pommettes de la Vierge de l'annonciation. Vous avez l'air de bien connaître la Toscane et d'y retourner souvent. Mon prochain périple risque d'être Montepulciano. Si vous connaissez, est-ce moins touristique que SG? (Question posée pas seulement pour vous familiariser avec le parcours du combattant du commentaire)

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  5. On venait de Pise et c'est sans carte et sans guide qu'on roulait à travers la campagne toscane. C'était la fin d'une belle journée de mai. on souhaitait dormir à Sienne mais on avait aucune idée de la distance à parcourir. Au loin on a vu des tours se dresser. On croisait de nombreux touristes mais aussi des gens costumés. Une chambre et une errance dans les ruelles animées, le feux d'artifice et puis le silence de la nuit. Au petit matin, on a découvert un autre visage de San Gimignano, à dix heures on quittait la ville heureux de cette rencontre matinale.

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  6. je garde un souvenir ému d'un cappuccino en terrasse vers 9 heures du matin, du calme éphémère qui régnait alors, de la beauté de l'endroit.. mais effectivement, ensuite tout à fait le Mont Saint-Michel!

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  7. Michelaise12.4.12

    Sapristi GF je me fais l'effet d'être un dinosaure... Nous avons connu San Gimignano avant qu'elle ne fasse partie des kits dont tu parles, il y a plus de 30 ans ! Il y avait un seul hôtel un peu miteux et quelques rares boutiques de souvenirs, quelques allemands qui passaient rapidement et une farouche impression de découverte pour nous ! Depuis, j'avoue, nous l'avons toujours soigneusement évitée, nous doutant que les lieux avaient bien changé, mais quel constraste. Et comme partout, l'effet délicieux du mouvement pendulaire, ces lieux qui se vident le soir et s'offrent enfin calmes à ceux qui restent. Quant au tourisme, eh oui, nous en sommes et nous encombrons nous aussi, et nous rêvons d'être seuls. Au point, je te l'avoue, de préférer souvent des destinations moins superbes, plus discrètes mais aussi moins courues. Car l'impression de découverte est une des parts du plaisir !

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