Les peintres vénitiens sont à la mode et ce n’est certainement pas moi qui vais m’en plaindre. Depuis quelques années, en effet, il n’y a pas un seul musée au monde qui ne célèbre les grands maîtres de Venise en leur consacrant une exposition. On s’intéresse soit à la figure d’un peintre (« Lorenzo Lotto » au Louvre en 1998 ; «Giorgione » à Londres en 2004 ; « Giovanni Bellini » à Rome en 2008), soit à un pan de sa production (« Véronèse profane » au Musée du Luxembourg en 2004 ; « L’ultimo Tiziano » à Vienne et Venise en 2006-2007), soit encore à un genre donné, avec les portraits de Titien (« Titien, le pouvoir en face » au musée du Luxembourg en 2006), soit enfin à la présentation d’une œuvre bien précise (« Le Paradis de Tintoret » au Louvre en 2006).
Avec « Titien, Tintoret, Véronèse : rivalités à Venise », les commissaires Vincent Delieuvin et Jean Habert ont voulu rompre avec les précédentes expositions et porter un regard croisé sur la production des trois plus grands peintres vénitiens du XVIe siècle. Le propos se veut très ambitieux : il s’agit de montrer pour la première fois comment la rivalité qui s’engage entre Titien, Tintoret et Véronèse peut fournir une nouvelle clé d’interprétation et de compréhension des œuvres elles-mêmes. La démarche, convenons-en, est loin d’être absurde, puisqu’elle a déjà porté ses fruits avec d’autres peintres, à d’autres époques. On a tous en mémoire les travaux de Thomas Crow qui a défendu cette approche et éclairé notre vision de certains chefs-d’œuvre de l’époque révolutionnaire.
Si vous lisez son excellent livre L’Atelier de David : émulation et Révolution (Paris, Gallimard, 1997), vous apprendrez vraiment quelque chose sur la rivalité qui opposait des artistes aussi différents que Drouais, Girodet, Gérard, Fabre et Gros, et vous pourrez voir comment cette rivalité s’est projetée de façon exemplaire dans les œuvres elles-mêmes en confrontant, par exemple, Le Sommeil d’Endymion de Girodet à La Mort d’Abel de Fabre qui fonctionnent tous deux comme une réponse à l’Athlète mourant de Drouais. Malheureusement, quand on parcourt l’exposition du Louvre, on ne saisit pas très bien comment la rivalité fait rage entre nos peintres vénitiens ni comment elle pourrait bien être génératrice d’une « saine émulation ».
En effet, si la notion de rivalité peut avoir un sens entre deux peintres comme Tintoret et Véronèse, lesquels s’affrontent encore en 1582, lors du concours de peinture pour la salle du Conseil au Palais des doges, elle n’en a pas beaucoup entre Titien et Véronèse que deux générations séparent. Ne perdons pas de vue que lorsque Véronèse s’engage dans la carrière de peintre, Titien est déjà un maître incontesté et qu’il occupe en Europe une position absolument dominante. Il a peint le portrait de François Ier, et son service se partage entre celui du pape et de l’empereur… Ce n’est pas pour rien qu’on a appelé aussi le Cinquecento vénitien le Siècle de Titien. Par conséquent, on ne rivalise pas avec un maître qu’on admire, qui est au-dessus de vous et qui, par ailleurs, vous protège, en soutenant votre candidature pour le plafond de la bibliothèque Marciana : on suit la voie qu’il a tracée, au mieux on essaie d’aller plus loin ! Inversement, on ne rivalise pas avec quelqu’un qu’on considère comme une merde – et c’était le cas de Titien qui n’avait que mépris pour l’ambitieux et arrogant Tintoret dont on admirera au passage l’autoportrait de Philadelphie.
Le véritable rival de Titien à cette époque n’est ni Tintoret ni Véronèse, c’est plutôt Michel-Ange, et il est également évident que Tintoret lui-même rivalise avec ce dernier dans son très michelangelesque Saint-Augustin guérissant les infirmes (1550) conservé au Museo Civico de Vicence.

C’est donc là où le bât blesse : les trois artistes en présence ne sont pas de la même génération et n’ont pas accumulé le même prestige ni le même capital réputationnel. Titien est né en 1488, Tintoret en 1518 et Véronèse en 1528. Autrement dit, le premier a 50 ans quand le deuxième se lance dans la carrière de peintre et 60 ans quand c’est au tour du dernier. Par conséquent, si compétition il y a, elle doit forcément s’établir à partir des années 1540, dans le cas de Tintoret, voire 1550 dans le cas de Véronèse. C’est d’ailleurs ce que reconnaissent implicitement les commissaires dans le catalogue d’exposition (p. 16) : « C’est à ce moment, écrivent-ils, entre 1545 et 1594, année de la mort de Tintoret, que ce contexte de noble rivalité entre les artistes permit à l’école vénitienne de connaître une période d’une exceptionnelle richesse. » Or, comment se fait-il que nous trouvons dans cette exposition des tableaux bien antérieurs ? La Femme aux miroirs de Titien date de 1515, Le Transport du Christ date de 1520, l’Autoportrait de Sovaldo date de 1525, le Saint-Jérôme pénitent très giorgionesque de 1531, etc.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’au XVIe siècle à Venise, la rivalité entre les peintres n’est jamais que le corollaire de la rivalité qui existe entre les différentes confréries religieuses et que ces dernières utilisent le prestige des peintres pour affirmer et célébrer leur propre grandeur. Disposant de ressources considérables, elles cherchent à s’assurer la collaboration des plus grands et c’est à cette fin qu’elles organisaient des concours pour départager les meilleurs. À cette occasion, chaque peintre est tenu, non seulement de produire un modèle réduit (dessin ou esquisse), mais aussi de s’engager sur des délais rapides et une somme forfaitaire. Si Tintoret n’avait pas (avant Mammouth) écrasé les prix, jamais nous n’aurions son Saint Roch au centre du plafond de la salle du Conseil de la Scuola Grande di San Rocco.

Les concours de peinture qui avaient lieu à Venise peuvent donc fournir une voie d’entrée royale pour mesurer la compétition à laquelle les artistes se livraient. Mais, dans ce cas, il ne faut pas perdre de vue non plus qu’ils sont organisés pour confier à un peintre la décoration d’un bâtiment public, d’une chapelle religieuse, bref quelque chose de colossal, qui ne peut se voir qu’in situ. Or, mis à part deux tableaux conservés au Louvre – La Résurrection de la fille de Jaïre de Véronèse, qui a pu servir de modello pour une peinture destinée à la chapelle Avanzi de l’église San Bernardino à Vérone, et saint-Marc couronnant les vertus théologales peint pour le plafond de la salle de la Boussole au palais des Doges –, les commissaires de l’exposition nous présentent une variété de portraits privés, de tableaux de dévotion, de scènes animalières et de nus féminins, pour lesquels il n’existait pas de concours. C’est pour cela – on ne le dira jamais assez – qu’il est nécessaire de se déplacer à Venise pour prendre le pouls de cette rivalité car les œuvres produites à l’issue de ces compétitions souvent féroces sont restées sur place et ne voyagent pas.

On trouvera cependant de magnifiques pièces au cours de cette exposition. Le Christ s’adressant à une femme à genoux de Véronèse (Londres) ci-dessus, La Vénus au miroir de Titien (Washington), Suzanne et les vieillards du Tintoret (Vienne), ainsi que tous les tableaux du Prado sont de ceux-là et justifient à eux seuls plusieurs visites (pour ma part, j’en suis à ma troisième). Mais le plaisir qu’on éprouve à découvrir ces chefs d’œuvre est aussitôt contrebalancé par l’absence de surprise lié à certaines pièces que l’on revoit pour la énième fois ! Jamais des conservateurs n’auront autant fait preuve d’un manque d’imagination dans les prêts sollicités auprès des grands musées ! On aurait aimé voir Le Miracle de l’esclave que Tintoret peint en 1548, œuvre qui produit un grand fracas sur la scène vénitienne et qui lui permet de clouer le bec à tous ses détracteurs ! Mais à la place, nous avons droit aux Tentations de saint Antoine de Véronèse (une œuvre commandée pour la cathédrale de… Mantoue) ou au portrait en pied d’Iseppo da Porto des Offices.
Ce sont toujours les mêmes tableaux qui voyagent, et toujours les mêmes notices catalographiques qui alimentent les mêmes catalogues d’exposition.
Pour bien comprendre ce que je veux dire, examinons d’un peu plus près la répartition des œuvres. Sur les 85 tableaux exposés, 15 appartiennent aux collections du Louvre, 70 ont fait l’objet d’une demande de prêt, ce qui est considérable, reconnaissons-le. Mais le quart des tableaux empruntés l’ont déjà été ces cinq dernières années pour de précédentes expositions consacrées à la peinture vénitienne ou italienne. En voici la liste, en suivant le parcours de l’exposition :
1. Les Tentations de saint Antoine (Caen) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004 et « Splendeur de Venise » à Caen en 2006.
2. Agostino Barbarigo (Claveland) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004.
3. Iseppo da Porto et son fils Adriano de Véronèse (Florence) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane» à Paris et « Miroirs du temps » à Rouen en 2006
4. Livia da Porto et sa fille Porzia de Véronèse (Florence) a déjà été présentée lors de l’expo « Miroirs du temps » à Rouen en 2006.
5. Clarice Strozzi (Berlin) a déjà été présentée lors de l’expo «Titien, le pouvoir en face » à Paris en 2006.
6. Saint Menna chevalier (Modène) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004.
7. La Dernière Cène de Tintoret (Paris, église saint François-Xavier) a déjà été présentée lors de l’expo « Reflets de Venise » à Caen en 2004.
8. Cupidon avec deux chiens (Munich) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004.
9. Suzanne et les vieillards de Bassano (Nîmes) a déjà été présentée lors de l’expo « Splendeur de Venise » à Caen en 2006.
10. Atalante et Meleagre (Boston) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004.
11. Acteon et Diane a déjà été présentée lors de l’expo «Véronèse Profane » à Paris en 2004.
12. Jupiter et une femme nue a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004.
13. Mars et Vénus de Véronèse (Turin) a déjà été présentée lors de l’expo « Véronèse Profane » à Paris en 2004.
14. Diane découvrant la grossesse de Callisto de Schiavone a déjà été présenté lors de l’expo « Splendeur de Venise » à Caen en 2006.
15. Tarquin et Lucrèce de Titien (Bordeaux) a déjà été présenté lors de l’expo « Splendeur de Venise » à Caen en 2006.
16. Persée et Andromède de Véronèse (Rennes) a déjà été présentée lors de l’expo « Splendeur de Venise » à Caen en 2006.
17. Danaé de Tintoret (Lyon) a déjà été présentée à « Splendeur de Venise » à Caen en 2004.
Ndlr : Si j’avais voulu être très méchant, j’aurais pu prendre le catalogue de l’exposition « Le Siècle de Titien », présentée au Grand Palais en 1993. On aurait atteint un pourcentage proche de 50%.
Enfin, s’agissant du parcours de l’exposition, force est de convenir que celui-ci est d’une extrême platitude. Que trouve-t-on en effet? Une section sur les portraits, une section sur le débat concernant le paragone entre la sculpture et la peinture (débat qui date en fait davantage de l’époque de Titien et Giorgione que de l’époque de Tintoret et Véronèse), une section fourre-tout sur le « sacré et le profane », une section sur la peinture animalière (ça, c’est plutôt original), une section sur les « nocturnes sacrés » et une dernière section qui se conclut – comme pour l’expo Courbet – sur les nus féminins (ça, c’est pour vous donner envie de revenir) ! Mais suivons justement ce parcours d’un peu plus près, vous allez comprendre mon étonnement et les choix non moins discutables des commissaires…
Dès le départ, ça commence très fort. Le spectateur est introduit dans l’exposition avec un décalque du banquet musical des Noces de Cana (restée dans la salle des Etats) et un texte de présentation qui dit ceci : « Selon la tradition, Véronèse s’est représenté au centre des Noces de Cana en compagnie de Tintoret, Bassano et Titien, dans une scène de musique où chaque peintre s’exprime avec son instrument tout en s’unissant aux autres dans un concert harmonieux. Cette image de la noble rivalité entre les artistes introduit le propos de l’exposition qui souhaite comparer le style et l’esprit des principaux peintres de Venise depuis les années 1540 jusqu’à la fin du siècle. »
Pour comprendre ma surprise, il est nécessaire de revenir 17 ans en arrière. Le 16 novembre 1992, le Musée du Louvre présentait au public Les Noces de Cana enfin restaurées. Pour accompagner cet événement, le musée publiait un catalogue d’exposition intitulé : Les Noces de Cana : un œuvre et sa restauration (Paris, RMN, 1992). Si l’on ouvre ce catalogue à la page 241, on peut lire ceci : « À cet intérêt manifeste de l’artiste pour les musiciens et leurs attributs, rien cependant ne peut être ajouté qui légitime l’idée que Véronèse tient la viole dans le concert des Noces. »
Que les conservateurs du Louvre n’aient pas le temps de lire tout ce qui se publie sur Véronèse, c’est quelque chose que je peux volontiers admettre – encore qu’ils soient payés pour cela quand ils préparent une expo –, mais qu’ils ignorent sublimement ce que produisent leurs collègues, voilà qui surprend, surtout quand les commissaires de l’exposition – à savoir Vincent Delieuvin et Jean Habert – rappellent dans leur catalogue les nombreuses expositions consacrées à la peinture vénitienne qui ont précédé celle-ci et prétendent, avec beaucoup d’aplomb, que la leur profite des derniers acquis de la recherche « sans négliger l’héritage des grandes études sur ces peintres ».
Pareillement, la présentation qui est faite des portraits est très schématique, voire égarante ! On nous présente d’abord six portraits de nobles vénitiens : trois hommes et trois femmes. Analysant la somme des éléments qui composent ces portraits (visage, expression, posture, décors et accessoires), les commissaires observent une différence très nette entre les portraits masculins – avec fenêtre ouverte sur l’extérieur – et les portraits féminins – centrés sur l’intérieur du foyer. Cette opposition, qui serait parfaitement stabilisée, serait également homologue à l’opposition entre le politique, associé au masculin, et le domestique, associé au féminin. Jérémie Koering : « Alors que le motif de la fenêtre est très fréquent dans le portrait masculin de la deuxième moitié du XVIe siècle, il est généralement absent dans le portrait féminin. Dans la très grande majorité des portraits féminins, le modèle se présente sur un fond inarticulé ou dans un intérieur qui ne comporte aucune ouverture sur le dehors. (…) Cette localisation du portrait féminin a donc pour fonction de rappeler le lien de la patricienne avec la famille et la maison » (p.176). Il est vrai que les six portraits sélectionnés ici accréditent cette idée : on observe, par exemple, une scène de bataille navale à l’arrière plan du Portrait de l’Amiral Sebastiano Venier qui fournit sans aucun doute un élément biographique permettant de préciser la fonction sociale du modèle. Mais quiconque a visité le Palais des doges, sait bien que les dernières galeries présentent une succession de portraits masculins qui, dans leur écrasante majorité, se détachent sur un fond noir inarticulé. Et il serait facile d’isoler, dans la production du Titien (sans compter dans celle du Tintoret), des portraits d’hommes illustres ne comportant pas d’ouverture sur l’extérieur, qu’il s’agisse du Chevalier à l’horloge (Madrid), du Roi de Malte (Florence), de Frédéric de Gonzague (Madrid) ou de Francesco Maria della Rovere (Florence). À l’inverse, des portraits féminins reproduisent le motif de la fenêtre, tel celui d’Éléonore de Gonzague (Florence),
Isabelle de Portugal (Madrid), Lavinia avec la corbeille de fruits (Berlin) ou La Sultane rousse (Sarasota), et ce motif n’est pas seulement présent chez les femmes de pouvoir, comme on pourrait l’objecter, mais aussi chez certaines femmes anonymes, telle la Femme devant un paysage avec un arc-en-ciel ou cette Femme à la pomme issue de l’atelier du Titien.

Les autres sections thématiques ne nous apprennent pas grand-chose. À vrai dire, il n’y a pas débat entre Titien, Tintoret et Véronèse sur les mérites respectifs de la peinture et de la sculpture. Tous sont d’accord pour proclamer la supériorité de la première sur la seconde. Par conséquent, les reflets qui apparaissent dans leurs tableaux, sous forme de miroirs convexes ou de cuirasses en acier poli, sont moins le prolongement d’un débat (fort ancien) sur le paragone, que l’affirmation de la maîtrise d’une technique conquise sur les peintres flamands avec lesquels nos trois peintres rivalisent. La section consacrée aux concours à Venise est un copier-coller de la précédente exposition sur le « Paradis » de Tintoret, ce qui fait que nous déconseillerons l’achat du catalogue d’exposition qui, à certains endroits, ne semblera qu’une vague resucée de l’article de Jean Habert : voyez les pages 70 à 101 du présent catalogue (Paris, Hazan, 2009) et comparez-les à celles du Paradis de Tintoret, un concours pour le palais des Doges (Paris, 2006, 5 Continents, p.17-65).
La section consacrée aux nocturnes sacrés laisse infiniment songeur, surtout quand on observe la présence de scènes diurnes au milieu de scènes nocturnes. Le Transport du Christ du Titien (1520) que l’on voit ci-dessus n’est pas du tout une scène nocturne: au contraire, comme le dit la base Atlas, produite par les conservateurs du Louvre, « la lumière du soleil couchant éclaire la scène à l’horizontale »… Idem pour les saint Jérôme : ceux de Bassano et de Véronèse n’ont pas lieu pendant la nuit. Les commissaires auraient été mieux inspirés de faire venir les San Lorenzo du Titien qui, eux, sont vraiment des nocturnes.
On s’étonnera enfin de voir le parcours de l’exposition balisé par des citations de Vasari qui, comme on le sait, considérait l’école florentine comme éminemment supérieure à l’école vénitienne. C’est comme si, toute chose étant égales d’ailleurs, on s’avisait d’expliquer la sophistique à partir des dialogues de Platon !
Bref, tout cela nous montre qu’il ne suffit pas de juxtaposer des tableaux pour faire une exposition. Il est d’un certain point de vue étrange que des conservateurs, soucieux de nous renseigner sur la rivalité qui régnait à Venise, cèdent ici à une forme d’oisiveté qui consiste à ne rien produire intellectuellement de neuf sous le soleil. Mais ce n’est pas parce que, cette fois-ci, la montagne a accouché d’une souris qu’il faut pour autant bouder Titien, Tintoret, Véronèse et Bassano et ne pas retourner au Louvre. Au contraire, faites comme moi, allez-y, mais muni de votre petite boîte à outils, sans chercher à prendre pour argent comptant tout ce qu’on essaiera de vous faire avaler.